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INSCRIPTION DE NÉRONDE, 411 notre ère, ou du moins qu'elle n'est pas postérieure au règne des Antonins. Nous pensons aussi que ce monument funèbre , placé dans la chapelle d'un cimetière situé sur l'ancien chemin de Né- ronde à Tarare, ne doit pas être bien éloigné de son lit de pose; car on sait que les Romains avaient introduit en Gaule l'usage d'inhumer les morts le long des voies publiques. Ajoutons enfin que la forme du cippe, celle des caractères de l'inscription, et même les expressions employées, tout donne à ce monument une ressemblance avec celui de Titius Ervandus, trouvé à Randan (Loire) et reproduit par M. l'abbé Roux dans ses Recherches sur le Forum Segusiavorum. On aura donc une idée fort exacte du cippe de Néronde , en consultant le fac simile que ce savant ar- chéologue en a donné dans son ouvrage (1). M. Auguste Bernard a déjà fait observer que le nom de Titius était fort commun chez les Ségusiaves (2) ; c'est en effet la cin- quième fois que nous le trouvons inscrit sur des pierres décou- vertes dans nos pays, et ce qu'il y a de remarquable c'est que, sur ce nombre, quatre ont été trouvés auprès de Feurs, dont Néronde n'est pas éloigné de plus de dix kilomètres (3). Mais cette inscription tire un intérêt bien autrement grand du nom de Messala, l'un de ces noms si connus qui remplissent ies pages de l'histoire romaine. Les Messala formaient, en effet, une famille distinguée de la gens Valeria, dont le premier auteur connu, Publius Valerius Publicola, fut l'un des fondateurs de la République romaine. M. Valerius Maximus Corvinus, consul en 203 avant Jésus-Christ, qui combattit les Carthaginois en Sicile, porta le premier ce sur- nom de Messala, à cause des secours qu'il fournit à Messine. Un Messala fut Se lieutenant de César en Afrique et s'empara d'Utique après la mort de Caton. Un autre, simple tribun légionnaire (1) V. planche x. (2) Description du pays des Ségusiaves, p. 140 et 141. (3) La dernière, qui fait partie de notre collection lapidaire sous le n° 344, a été découverte à Saint-Ircnée. V. Comarmond. Description du Musée lapidaire, p . 242.