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                       ORIGINES DE LUGDUNUM.                            353

cités lacustres (1), subsiste partout où la population anté-histo-
rique de l'Europe donna satisfaction à ses habitudes de colloca-
tion amphibie : en Dauphiné, au Paladru, dont la profondeur
récèle des lignes de pieux enfoncés (2); en Bresse, à la problé-
matique Thanus (3); en Bretagne, au Grand-Lieu qui recouvre
de ses eaux turbulentes la populeuse et coupable Herbadilla (4);
en Berry, aux sources du Modon, à Houhlaise, et là, de même
qu'an Paladru et au Grand-Lieu, les voisins s'imaginent enten-
dre retentir, dans la nuit de Noël, le son des cloches d'une ville
engloutie.
   Au demeurant, trois groupes, dépendant chacun d'une grande
évolution de l'humanité, se laissent successivement apercevoir
aux bords des Echeyx géologiques, à travers la brume épaisse des
siècles ignorés : celui qui, se faisant des demeures de bois ou
de grossier clayonnage, fixés sur pilotis à même le lac, disparut

maën, const. men, pierre, roche. Dolumen, synonyme de dolmen, se pre-
nait déjà pour un petit temple au VI e siècle (S. Isid., Origin.). — Delubr-
um pour Doluber-xxm « table-portant », expression construite par laquelle
les populations latines, osques et ombriennes désignaient primitivement un
dolmen ou dolumen, — Dolopes, AoX-ottsç « des dolmens-ceux » , dol et
oj), finale ethnique analogue d'ot) de Lixowii, ap deMenajni, abb, av deSe-
gusiabbi, Segusiaui, Velloui, etc. Les Dolopes habitaient parmi les Etoliens,
sur les bords d'un Achéloùs; issus de Saturne, par leur éponyme Dolops,
ils devaient être consanguins de la race qui possédait le Latium, au temps
où fut censé la gouverner le Chronos des Italiotes, etc.
   (1) M. Fournet, ibid.
   (2) M. Fournet, ibid. — M. G. Vallier, Légende de la ville d'Ars, dan*
la Rev. du Lyonn., XXXIIe aun., t . Il, pp. 361 sqq.
   (3) M. Fournet, ibid. — Citons à propos de Thamis une coïncidence
remarquable : le nom de Brou que porte un faubourg célèbre de Bourg.
Très-commun dans la topographie de la France, ce terme est indicatif de
lac, étang, marais. Le moyen-âge le latinisa braium, braiolum, ou le rendit
par braiol, d'où brou, comme mou de mol {V. Dicl. topograph. d'Eure-et-
Loir, v° Brou). Le Brou de Bresse, au X e siècle (M. de Bombourg, Atlas
historiq. de l'Ain, preuv. 46), est qualifié de saftits « saltus Bromii » ;
 Bromius, forme abbré-viative de Bromagusx du lac plaine ou place réservée.»
   (4) Thomasde Saint-Mars, Mêm. de l'Acad. celtiq. t. V, p. 93.
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