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             NOTES SUR UN PEUPLE GAULOIS INCONNU.                    101

ignore les noms d'Arvernia ,Sequania, etc., dont nous nous servons
aujourd'hui; et cela est naturel, puisque de son temps il y avait
encore des migrations dans la Gaule, témoin l'abandon de leur
pays par les llelvcles, que César contraignit d'y rentrer. S'ils
avaient réussi dans leur projet, l'IIelvétie ne serait pas aujour-
d'hui en Suisse, elle serait dans la Sainlonge. Ce sont ces migra-
tions qui expliquent pourquoi il y avait des Biturigcs danslcBerry
et dans le Bordelais, des Centrons dans les Alpes et, dans la Bel-
gique (1), des Aulcrcs Brannoviccs, Ccnomans et Eburons, etc.;
c'est ce qui explique enfin la disparition do certains peuples cités
par les auteurs anciens et la dissidence de ces derniers relative-
ment à d'autres peuples, placés ici par les uns ei là parles autres,
suivant la date des sources auxquelles ils puisaient.
   Abordons maintenant la question géographique, pour bien pré-
ciser, s'il est possible, le pays dont Ciccrou a voulu parler.
    Nous avons vu que, suivant Ammién Marccllin, la Savoie con-
finait aux Séquancs, le Rhône entre deux ; d'après la Notice des
dignités de l'Empire, elle s'étendait même jusqu'à Grenoble et
Embrun (2), embrassant ainsi une grande partie du pays des
Allobroges et des Catnriges leurs voisins. Les deux autres docu-
ments cites ne sont pas assez explicites pour qu'on en puisse con-
clure quelque chose de précis. Certains auteurs ont cru voir dans
la lettre d'Avit la preuve que la Savoie s'étendait jusqu'à Vienne,
ou, en d'autres termes, absorbait tout le pays des Allobroges; mais
il faut pour cela avoir les yeux de la foi. Quant à la limite du
diocèse d'Embrun et de Mauricnne, peut-être y trouverait-on la
confirmation de ma traduction de la Notice des dignités de l'Em-
pire; mais il faudrait que l'on sût où placer la rivière de Datsdra
et le château de Berientinum appelé Sabàudia. Or la chose est


  (1) Il est aujourd'hui démontre que ces peuples s'appclaicn£ Ceulrons et
non Centrons. Voyez ma Lettre à M. Léon Renier, insérée dans la Revue
archéologique du 15 nov. 1857 (14e année), p. 4 6 9 ; et un article de
M. Léon Renier inséré dans le même recueil en 1S59 {16e année).
  (2) Voyez plus haut une noie sur ce mol. Si je suis dans l'erreur à cet
égard, la Savoie doit être étendue jusqu'à Iveidun en Suisse.