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374 ENLÈVEMENT DES TABLEAUX pour le céder au Musée de Grenoble ; mais il a préféré en enrichir celui de Lyon, en se contentant d'une moindre valeur. » Deux ans après, en avril 1809, l'Administration du Musée acheta encore un tableau : c'était une toile de van Huysum. Les fonds dont cette Administration disposait n'étant pas suffisants pour conclure le marché, la Société des Amis du commerce et des arts s'empressa d'y contribuer pour une somme de 3,000 francs, qui compléta le prix demandé pour cette peinture. Une inscription devait être mise sur la bor- dure pour « perpétuer » le souvenir de cet acte de muni- ficence. Aujourd'hui les fleurs de van fluysum sourient tou- jours, à travers leur cadre, au visiteur charmé de la délica- tesse harmonieuse de leur touche ; mais ce visiteur cherche- rait en vain au bas du tableau l'inscription commémorative qu'on devait y joindre. Ainsi donc l'indifférence d'abord, puis l'oubli : telle n'est que trop souvent la perspective ouverte, en ce bas monde, aux sacrifices généreux el désintéressés! Si minces qu'ils soient, ces détails sont bons a recueillir et a enregistrer partout où on les rencontre ; c'est a peine si nous en découvrons un de ce genre dans les catalogues si arides et si écourtés qui nous viennent d'Artaud, à coup sûr, beaucoup mieux entendu en archéologie qu'en peinture. Ici s'arrêtent les informations, a la vérité bien sommaires et bien incomplètes, que j'ai pu réunir sur les origines du Musée de Lyon. Il était temps, au surplus, qu'elles me fissent défaut, car je me laissais insensiblement aller a la dérive; si bien que j'aurais fini par perdre de vue l'objet prin- cipal de mon travail. II. Cependant les affroyables désastres de 1814 et 181b étaient venus consécutivement accabler notre malheureuse