page suivante »
240 FAMILLES LYONNAISES, DE COMBLES. de la Monnaie de Lyon, jouissant d'une fortune honnête, y tenant un état et ayant des alliances avec quelques per- sonnes les plus distinguées. C'est d'ailleurs un homme de beaucoup d'esprit, mais plaisant, hardi et aimant à jouer des tours. Dans l'engouement général où il a vu les Parisiens pour les machines aérostatiques, il s'est imaginé qu'on pour- rait désormais leur faire accroire toutes les merveilles qu'on voudrait. En conséquence il a fait le pari de cinquante louis sur celle dont il est question, de faire donner dans cette mystification et les journalistes et les souscripteurs. Tout a réussi comme il \& désirait ; mais le jour de l'expérience approchant, il a fallu se tirer d'embarras. Il est allé trouver M. de Flesselles, intendant de Lyon, lui a conté son histoire, l'a prié de l'aider a sortir adroitement du défilé où il s'était jeté et d'écrire a M. le lieutenant général de police de Paris, que l'horloger ayant voulu faire un essai de son expé- rience sur le Rhône, y était tombé et s'était noyé. M. de Flesselles lui a déclaré ne pouvoir se servir d'un mensonge aussi impudent, mais qu'il écrirait simplement à M. Le Noir, sans nommer les masques, que l'horloger était un fou qui n'avait point envie d'escroquer, mais qu'il ne fallait pas le croire, et qu'il était incapable de tenir l'engagement qu'il avait pris. Cette annonce met les journalistes dans un bel embarras, et fait bien rire de leur crédulité.» « 25 décembre. D'après la lettre de M. Flesselles, relati- vement au prétendu horloger, inventeur des sabots élasti- ques pour marcher sur l'eau, M. Le Noir en a prévenu M. le baron de Breteuil, qui a mis la lettre sous les yeux du roi. Sa Majesté en a ri beaucoup, et depuis en a plaisanté son frère. Cependant les journalistes de Paris ont prévenu les souscripteurs qu'ils pouvaient retirer leur argent. La société de Versailles leur a marqué qu'elle désirait que la souscrip- tion fût employée à délivrer des prisonniers ; la ville en a