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358 ORIGINES DE LUGDUNUM, bâtit dans cette île un château auquel, suivant un titre de 1301, on arrivait en s'embarquant au port de Charabuas ou Charaboi. Depuis 1301, une chaussée qui porte encore ce nom de Charaboi divisa le Glarins en deux parts inégales, le grand et le petit Glarins, et fit communiquer le château avec la terre- ferme. D'autres travaux créèrent dans le reste du marais trois nouveaux étangs, aujourd'hui cultivés. En 1791, le grand Glarins, maintenant encore son état lacustre, n'était qu'un réservoir de poisson. A cette époque, une rivière de ceinture, creusée aux frais d'un riche propriétaire, le rendit sujet à l'assec périodique (1). Le Glarins est donc un amas d'eau antérieur à la présence de l'homme dans les Dombes. Son nom primitif, Galar, Gélar, Gilar « rempli d'eau-le, » subissant la crase de gelu. dans Gtecies, verglas, de gél&n dans le Gaël, glean, est devenue Gliar, Glear, Gaulois, OfJ-êpot, ysvo; raXaiwv, Umbri Gallorum genus. Ce scholiaste grec, qui est le savant Tzetzès, semble avoir parlé plus correctement que les auteurs latins. Car il est constant que les Ombriens ne descendaient pas proprement des anciens Gaulois, c'est-à -dire de la race de ces peuples, qui étaient depuis longtemps établis dans les Gaules, puisqu'ils étaient dans l'Italie avant que ceux-ci eussent occupé ces provinces qui sont vers l'Occident. « Les Umbriens étaient donc une nation semblable à la Celtique ou à la Gauloise, qui venait de la même source et de la même origine, à savoir les Titans, et qui avaient la même langue et les mêmes coutumes. C'est uni- quement ce qu'ont voulu dire les auteurs latins, quand ils ont écrit que les Umbriens étaient de la race des anciens Gaulois : Vmbros, Gallorum vête- rurn propaginem esse. » (Antiquit. de la nation et de la lang. des Celtes, pp. 166, 167, 168, 169, édit. in-12, Paris, Boudet, 1103). Mettez les Âryas à la place des Titans, et ce passage du docte abbé de la Charmoye pourra passer avec raison pour ce qui a été écrit de plus judi- cieux jusqu'ici sur l'origine des Ombres. Au surplus, ces idées de Pezron ont été le point de départ de tous les travaux d'ethnologie relatifs à l'ori- gine des anciens peuples de l'Italie septentrionale (V. surtout Fréret, QEuvr. complet., t. IV, pp. 201 et suiv.). (1) M. A. Pericaud, Lett. à M. de Saint-Pulgent, faisant suite à l'Amé- lioration de la Dombes, pp. 64 et suivantes.