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FAMILLES LYONNAISES, DE COMBLES 237 nir les lecteurs de province, assez simples pour la prendre au sérieux. Il y avait a Lyon un magistrat digne de relever le gant ; c'était M. de Combles. Outré de l'insulte lancée à la province, il part pour la capitale, et dans le même jour- nal fait annoncer qu'il a trouvé le moyen de marcher sur l'eau avec des sabots élastiques, provoque une souscription destinée à couvrir les frais de l'expérience, que lui-même doit tenter sur la Seine, entre la Monnaie et la place de l'Ecole. L'annonce a un succès fou, l'argent vient de tous côtés; le comte de Provence, un des premiers, souscrit pour une forte somme ; l'argent est déposé "chez un notaire, et M. de Combles fait exécuter une charmante gravure qui le représente accomplissant son trajet. Nous verrons tout a l'heure comment il donna un démenti a la gravure. Cette anecdote, ainsi que celle de la fuite de Polichinelle, fut racontée dans le 2e volume de Paris, Versailles et les provinces, recueil de M, Dugas deBois-St-Just, compatriole et contemporain de M. de Combles, mais avec quelques va- riantes. J'ai puisé ma version a une source non moins sûre, aux souvenirs d'un aimable conteur, M. de M...., pro- che parent de M. Dugas. M. Dugas ne parle pas du canard du comte de Provence et attribue le tour des sabots à un pari entre M. de Combles et M. de Flesselles, intendant de Lyon, La gravure, exécutée par Sellier, est bonne. La vue est prise a peu près de l'endroit où est actuellement le pont des Arts. On voit sur le premier plan, à gauche, la Monnaie et le quai garni d'une foule compacte ; au second plan, une partie du pont Neuf et de la place Dauphine; au fond, la flè- che de Notre-Dame. Sur la rivière, M. de Combles qui a l'air de patiner avec des sabots et quelques bateliers qui ont l'air de se désespérer d'une découverte ruineuse pour eux.