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232 FAMILLES LYONNAISES, DE COMBLES. s'amuser eux-mêmes. M. de Combles nous semble donc en réalité un philosophe railleur a la façon de Molière et de Swift, original à un degré que rarement d'autres ont at- teint, original jusqu'au fantastique, ayant laissé après lui une renommée légendaire. A de tels personnages , on prête toutes les anecdotes, tous les mots en circulation, tous les traits ingénieux dont ils étaient capables, comme toutes les platitudes rabâchées par les sots. Tel aussi (ut Piron ; Piron qui expia deux ou trois pièces indécentes sorties réellement de sa plume par une foule d'ordures dont on a sali sa mé- moire. Il y a quelques beaux diseurs de carrefours qui croient que l'auteur de la Métromanie n'était qu'un pilier de mauvais lieux, ayant la bouche toujours pleine de propos grossiers ; de même , parce que M. de Combles , magistrat d'une Cour respectable, homme de bonne compagnie, a laissé paraître, sous un nom d'emprunt, une pièce d'un goût équivoque, d'exagérés puritains se croient obligés de se boucher le nez sitôt qu'on vient a parler de lui. Avant de citer ses ouvrages et quelques-unes de ses boutades humouristiques, disons un mot de sa famille, qui tient un rang honorable a Lyon, et cela afin qu'à l'avenir on veuille bien ne plus estropier son nom et tracer son por- trait avec le crayon du caricaturiste. Charles-Jean de Combles, né à Lyon le 15 mars 1735, de Jean de Combles et de N. Rousseau, mort dans la même ville le 16 janvier 1803, fut reçu conseiller a la Cour des Monnaies le 20 juin 1759 et figure en 1789 parmi les électeurs de la noblesse du Dauphiné pour les Etals-Généraux. D'après Wa- roquier de Combles, généalogiste dont je ne garantirais pas l'exactitude, sa famille, d'origine chevaleresque, était origi- naire d'Arragon, passa en Lorraine vers le milieu du XVe siècle, y exerça des charges importantes et se sépara ensuite en plusieurs branches établies en Champagne , en