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122 JACQUES DE VINTIMILLE. Fourvière , un ami de la famille de Vauzelles, Claude Patarin. Ce fut une première satisfaction pour Vinti- mille. Mais quelle ne fut pas sa joie, lorsqu'en 1554, une décision royale, à sa sollicitation peut-être, lui donna pour collègue son ami le plus cher, parce que c'était l'ami des jeunes années , Maclou Popon ! Les douceurs de la famille conviaient en ce moment Vintimille aux plus ten- dres épanchements de l'amitié. Peu de temps après son arrivée à Dijon , il s'était engagé dans les liens d'un ma- riage modeste, mais selon son cœur, et Jeanne Gros, dame d'Agey et d'Escoûelle, sa femme (1), veuve de Za- charie Chappellain, greffier civil et des présentations en la cour du parlement, venait de lui donner une fille. Partagé entre les devoirs de la magistrature, la culture des lettres, les soins delà famille et de l'amitié, la vie du pauvre exilé allait s'écouler tranquille ; enfin il l'a- vait trouvé, ce nid qu'il cherchait pour s'y tenir à cou- vert le demeurant de ses jours, moins jaloux d'agran- dir que d'assurer sa petite fortune : Dieu, disait-il, y a donné bon succès et accroissement (2). — Vaines espé- rances ! il allait être forcé de s'expatrier une seconde fois; et déjà s'amassaient sur sa tête des orages plus ter- ribles que ceux même auxquels il avait échappé dans sa jeunesse ! LUDOVIC DE VAUZELLES. (1) Elle était de Verdun, sur Saône et Doubs. (2) Discours des hommes illustres, etc. (A continuer)-