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14 ARMOIRIES. existence que la fameuse colonne que le terrorisme vou- lait élever sur ses ruines afin d'attester à la postérité que cette ville rebelle avait cessé d'exister pour avoir fait la guerre à la liberté, selon le langage du temps., c'est-à -dire au monstrueux régime de sang et de ruines qui pesait sur la France entière. — L'ordre étant enfin. rétabli sous le premier Empire, les villes de France re- prirent leurs anciennes armoiries ; mais sans tenir compte des traditions historiques de la cité lyonnaise, un décret changea le chef d'azur de son écusson et le mit de gueules chargé de trois abeilles d'or. C'était, suivant M. Debombourg, la prise de possession de l'Empire. Il n'y avait tout simplement dans ce fait qu'une preuve de l'extension du pouvoir d'alors., en môme temps que du complet effacement de l'esprit d'indépendance muni- cipale. En effet, pourquoi ce chef de gueules' sur un êcu de gueules? C'était déjà contraire aux règles du bla- son (1), mais bien plus, malgré le remplacement des fleurs de lis par des abeilles, il eût été rationnel et logique de conserver le chef d'azur, qui n'a pas cessé d'être la cou- leur de l'écu de France, avec l'aigle impériale d'or, tout aussi bien qu'avec les fleurs de lis de l'ancienne monar- chie. Du reste, cet écusson fautif a été abandonné depuis longtemps, et le gouvernement actuel a eu le bon esprit de ne pas l'imposer à la ville. Or donc, si en restaurant un monument datant du pre- mier Empire, on jugeait à propos de reproduire dans sa décoration cet écusson quoique fautif, seulement comme (1) Ce chef était uniforme pour toutes les villes de France, comme le chef des maréehaux,le franc-quartier des comtes et des barons, selon l'ordre d'où ils étaient tirés. La théorie héraldique de l'empire repose sur une toute autre base que l'ancienne théorie de la monarchie et de la féodalité, réglée et définie par les hérauts d'armes. M. de V.