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couverts de belliqueux trophées grecs et romains; les plus
modestes manoirs décorés de pompeux médaillons des Césars.
Ailleurs, c'est la Victoire et la Fortune qui ouvrent les portes
du temple chrétien ; sur une foule de mausolées, figure le
Temps, avec sa faux et ses ailes. Ajoutez à cela des légendes
fautives, des inscriptions tronquées et gravées sur le mar-
bre et la pierre par d'ignares copistes.
D'un autre côté, quand s'éteignit le gothique, merveilleuse
création du christianisme , il légua du moins à la renaissance
ses admirables artistes folliassiers et imagiers. Pendant un
siècle et demi, de leurs mains sortirent de nombreuses pro-
ductions , vrais chefs-d'œuvre de délicatesse et de bon goût,
mais où l'art et les souvenirs classiques absorbaient tellement
la foi chrétienne, qu'à travers le mélange confus des genres ,
on hésite parfois à prononcer sur la destination primitive
de ces magnifiques débris. Celui qui fait l'objet de nos remar-
ques , fut sans doute arraché au château de la famille dont
nous avons retrouvé l'écusson.
Les peintures de cette chapelle sont l'ouvrage de quelque
barbouilleur du siècle dernier.
Dans celle du Christ, dont la toiture et le vitrail sont tom-
bés de vétusté., l'explorateur, ami des arts, ne trouve pas
un seul fragment qui rappelle d'anciennes décorations.
L'église de l'Observance n'offre plus rien de remar-
quable.
Et où sont donc les tombeaux, les pierres sépulcrales,
les gothiques inscriptions , les épitaphes, tous ces souvenirs
funèbres de nos pères, que la religion consacre, et aux-
quels elle avait fait partager , tant qu'elle y régna, l'invio-
labilité de son sanctuaire? Que sont-ils devenus?
Quand, la première fois, nous visitâmes l'Observance ,
de nombreuses pierres tumulaires se distinguaient encore
dans la nef. La chapelle du Christ en était recouverte et jon-
chée. Depuis, nous sommes venus étudier le monument, et
toutes avaient disparu. Qu'a-t-on fait de ces sacrés emblèmes