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 vée, dont la conservation est un prodige, impitoyablement
 exposée qu'elle est, depuis quarante-cinq années, aux inju-
 res des hommes et aux dégradations du temps. Celle qui tour
 à tour porta le vocable de St-Louis et. celui de Sl-Nicojas,
 outre sa belle voûte et son joli vitrail, renferme encore un
 morceau bizarre , et que les curieux aimeront à connaître.
    C'est une décoration en pierre de Tournus , et remplie de
détails intéressants , où le profane et le sacré se mêlent d'une
étrange façon.
   La partie inférieure présente un encadrement de cinq
pieds de longueur sur quatre d'élévation : somptueux monu-
ment de la renaissance , qu'on prendrait volontiers pour un
mausolée, si son enchâssement dans le m u r e t dans la di-
rection du sanctuaire ne prouvait évidemment que c'est un
retable d'autel.
   Le champ de cet encadrement paraît avoir reçu une double
couche de peinture ; les dorures y ressortent pâles et à demi-
effacées , sur un fond d'azur; il est orné d'une suite de cor-
nes d'abondance et de calices pleins de fruits que viennent
becqueter des oiseaux. Chaque angle se termine par un
médaillon de forme antique. A droite , au sommet du cadre ,
le premier de ces médaillons, dont les traits sont mutilés,
ne révèle aucun nom connu ; à son bandeau , peut-être, on
pourrait prendre le personnage qu'il représente pour un
ancien roi de la vieille Rome ; le second, surmonté d'un
casque ailé, nous offre sans doute un empereur du Bas-
Empire. A gauche, au sommet, un médaillon deNerva,
entouré de cette légende, qu'on retrouve souvent dans ses
médailles :


             P. IM. NERVA C/ES. AVG. P. M.
                      T. P. C YII P....

qu'il faut probablement traduire ainsi : Imperator Nerva CÅ“-