page suivante »
331 vée, dont la conservation est un prodige, impitoyablement exposée qu'elle est, depuis quarante-cinq années, aux inju- res des hommes et aux dégradations du temps. Celle qui tour à tour porta le vocable de St-Louis et. celui de Sl-Nicojas, outre sa belle voûte et son joli vitrail, renferme encore un morceau bizarre , et que les curieux aimeront à connaître. C'est une décoration en pierre de Tournus , et remplie de détails intéressants , où le profane et le sacré se mêlent d'une étrange façon. La partie inférieure présente un encadrement de cinq pieds de longueur sur quatre d'élévation : somptueux monu- ment de la renaissance , qu'on prendrait volontiers pour un mausolée, si son enchâssement dans le m u r e t dans la di- rection du sanctuaire ne prouvait évidemment que c'est un retable d'autel. Le champ de cet encadrement paraît avoir reçu une double couche de peinture ; les dorures y ressortent pâles et à demi- effacées , sur un fond d'azur; il est orné d'une suite de cor- nes d'abondance et de calices pleins de fruits que viennent becqueter des oiseaux. Chaque angle se termine par un médaillon de forme antique. A droite , au sommet du cadre , le premier de ces médaillons, dont les traits sont mutilés, ne révèle aucun nom connu ; à son bandeau , peut-être, on pourrait prendre le personnage qu'il représente pour un ancien roi de la vieille Rome ; le second, surmonté d'un casque ailé, nous offre sans doute un empereur du Bas- Empire. A gauche, au sommet, un médaillon deNerva, entouré de cette légende, qu'on retrouve souvent dans ses médailles : P. IM. NERVA C/ES. AVG. P. M. T. P. C YII P.... qu'il faut probablement traduire ainsi : Imperator Nerva Cœ-