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Nous méditons ensemble, un livre dans la main ;
Ensemble interrogeant hier , aujourd'hui, demain.

Quoi ! c'est donc vous , Fiier épicurien profane ,
Bouclant vos cheveux noirs comme une courtisane ,
Dandy voluptueux , dont les heureux loisirs
Du théâtre au salon fuyaient en vains plaisirs;
Aujourd'hui Cénobite absorbé dans l'étude ,
Ecoutant marcher l'heure avec inquiétude ,
Des rêves du matin sondant le faux miroir ,
Avide d'avenir et surtout de savoir.

Pourtant depuis hier, entre l'enfant et l'homme ,
De votre âge prodigue à votre âge économe,
Combien de temps passé ? Rien que trois ans, trois ans
Eclipsés comme une ombre à nos labeurs présents.
Notre regard pensif les suit avec tristesse,
Parce qu'ils sont perdus sans fruit pour la sagesse.
Ami, vous voudriez en vain les retenir.
Hier , aujourd'hui, demain ne peuvent pas s'unir.

Oh ! ne regrettez point vos naïves chimères ;
Leur miel dora la coupe aux gouttes plus amères ;
Ce sont des souvenirs qui charmeront plus tard
Le foyer délaissé du morose vieillard.
Ainsi le ciel permet que des feux de l'aurore,
Avant de s'obscurcir, le couchant brille encore.
Sur la pente commune, ainsi nous glissons tous.
Les plus sages du siècle ont faibli comme nous.
Tout flot, jette en montant cette écume première ,
Avant de refléter un rayon de lumière.
Rien n'est perdu dans l'Å“uvre , et la nuit fait le jour
Et la folie apprend la sagesse à son tour.


Ces trois ans de soleil ont mûri votre sève.
De votre chrysalide une autre ame se lève ,
Vers les sources d'eu haut vous prenez voire essor ;
Vous brisez vos jouets pour un plus cher trésor.

Devant les grands tableaux que déroule en sa course,