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 teurs que l'amour du bien public et le désir d'être utile aient
 amenés à l'hôpital le mercredi matin, fut M. "Victor Arnaud. Il
 se dévoua à cette pénible et périlleuse mission pendant les six
journées de cette conflagration déplorable, faisant abnégation
 complète de ses affaires et de ses propres intérêts, surveil-
lant les différents services, assurant les subsistances néces-
 saires à un aussi nombreux personnel, ne quittant la mai-
 son, pendant de courts instants, que pour s'occuper au de-
hors des affaires impérieuses qui la concernaient et ne tenant
alors aucun compte des dangers personnels qu'il avait à
courir. Enfin on doit le dire, cet administrateur a rempli
tous les devoirs qu'il s'était volontairement imposés dans
ces tristes jours, avec un zèle, une fermeté et une prudence
dont le souvenir est trop honorable pour ne pas devoir être
 conservé.
    Sans s'être trouvés à même de se consacrer aussi exclusi-
vement au service des pauvres, MM. les collègues de M. Ar-
naud n'en ont pas inoins été utiles à cet établissement en
  tout ce qui a dépendu d'eux; plusieurs fois durant cette lon-
gue crise, j'y ai remarqué la présence et l'activité de
MM. Terme, Baudrier et Billet.
    Les médecins titulaires de l'hôpital n'y ont point leur do-
micile et ne pouvaient y venir faire leur visite sans exposer
grièvement leurs jours. Afin que les six cents malades confiés
à leurs soins ne souffrissent pas de leur absence, M. Arnaud
trouva moyen de suppléer sans délai ceux que d'aussi insur-
montables obstacles empêchaient d'exercer leurs fonctions,
il me chargea de ce surcroît de travail, et pour s'assurer de
l'entière exécution de cette mesure ^ il m'invita à «l'établir,
à demeurer dans l'hospice pour tout le temps que durerait
l'insurrection.
  Il est inutile de dire que tous les chirurgiens étaient à leur
poste et qu'ils ont déployé ce savoir et ce dévoûment dont ils
donnent chaque jour de nouvelles preuves. Quant aux jeunes
élèves, craignant que leurs camarades ne pussent suffire au