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CHRONIQUE DE LA CURIOSITÉ
Comme il fallait le prévoir, les ventes artistiques ont chômé pendant le 3 e tri-
mestre de 1921. Il est de toute évidence qu'à moins d'obligation absolue personne ne
choisira, pour vendre, l'époque où tous les amateurs sont absents de Lyon. Il est
du reste bon qu'il y ait un arrêt pendant quelques semaines, voire même quelques
mois, pour qu'au retour des vacances, les ventes reprennent avec plus d'ardeur.
Si la Salle des Ventes a chômé, il nous faut cependant signaler une belle vente
faite au mois d'août aux environs de Lyon, au château de Romans, près de Châtillon-
sur-Chalaronne. Il y avait peu d'objets — 47 ; le total a cependant été coquet,
435.000 francs, c'est-Ã -dire plus de 510.000 francs avec le 17,50 pour cent. Presque
tous les prix d'estimation ont été dépassés. Quatre objets à eux seuls ont fait 350.000
francs. Un lot de 10 fauteuils en tapisserie d'Aubusson a été adjugé 147.400 francs
sur demande de 125.000 ; une paire de cantonnières en tapisserie d'Aubusson, dont on
demandait 50.000 francs a dépassé 86.000 francs ; un secrétaire estimé 75.000 fr.
a été vendu 69.000 francs et une commode a été adjugée 40.600 francs sur demande
de 20.000. D'autres prix, quoique moins sensationnels, ont été cependant intéres-
sants. Signalons une paire de petites encoignures en bois de rose, 5.500 francs ; un
grand secrétaire d'angle, 7.010 francs ; une commode, 6.550 francs ; deux bergères,
11.200 francs. Tous ces objets étaient d'époque Louis XVI. Un petit livre d'heures
du xvie siècle avec miniatures, mais incomplet, a atteint 4.100 francs, et une petite
écritoire en laque noir et or d'époque Louis XV a été adjugée 2.850 francs sur de-
mande de 500 francs. Les enchères ont été très animées et cette vente a eu un gros
succès.
Que faut-il en conclure i Une chose qui, pour celui qui écrit ces lignes, est, de-
puis longtemps, évidente : c'est que les objets intéressants n'ont pas besoin d'aller Ã
Paris pour être bien vendus — au contraire. Si l'on présente de belles pièces au public,
on peut être sûr de la réussite d'une vente, car on aura — ce qu'on a eu au château de
Romans — les antiquaires de Paris, les antiquaires de Lyon et des environs et les
amateurs sérieux, trois groupes bien distincts dont les intérêts opposés provoqueront
des enchères élevées.
Toutes les ventes importantes faites en province ont parfaitement réussi. Seule-
ment, voilà , Paris... c'est Paris et n'a-t-on pas dit et répété que tout se vendait mieux Ã
Paris : c'est une réclame — payante du reste — admirablement organisée. Qui n'a lu
dans un journal — Petit Parisien ou Figaro — les prix fantastiques obtenus à Paris par
certains objets et qui font faire des rêves dorés aux provinciaux qui possèdent des
objets analogues. Ils ne se doutent pas que ces prix sont exceptionnels, souvent facti-
ces, et que d'autre part on se garde bien de signaler les ventes qui, selon l'expression