page suivante »
336 LA VIE DE SAINT ENNEMOND Il laissa son siège à saint Prisque qui avait été son sacristain. Eut-il les vertus de son prédécesseur? Je voudrais pouvoir le dire, — Mais l'histoire a enregistré des faits regrettables — elle l'accuse même d'avoir ou- tragé la mémoire de son prédécesseur ; mais Dieu lui ouvrit les yeux à la fin de son épiscopat — il assista aux célèbres conciles de Paris, en 573, — de Chalon-sur • Saône , en 579 , au premier de Mâcon, en 585, au troi- sième de Lyon ; dans ce dernier concile, on le sait, les évoques tinrent à conférer avec Gontran sur la révolte du duc Mummol. Ennius Mummol était un guerrier bour- guignon, fils de Péonius, comte d'Auxerre. En 561,1e roi Gontran lui avait offert l'office de comte qu'avait rempli son père ; nommé ensuite Patrice des troupes bourgui- gnonnes, il battit les Lombards et les Saxons , enleva la Tourraine et le Poitou à Chilpéric, roi de Soissons. — En- hardi par ces succès, il ose attenter à la couronne de son roi et mettre sur le trône de Gontrand un aventurier du nom de Gundowald. — Mais Gontrand l'assiège dans Comminges ; trahi et sans ressources, il se donna lui- même la mort. Gontran avait aussi à déplorer d'autres troubles dans sr n royaume — les évêques qu'il consulta au concile de Lyon, l'aidèrent de leurs avis et de leur con- cours, car alors l'Eglise devait nécessairement prendre part à tous les événements dont.le contre-coup pouvait être fatal à son existence. Saint Acthérins ou Etherins succéda à saint Prisque. Gontran en avait fait son conseiller — Grégoire de Tours loue sa vertu, et il assista, à Nanterre , au baptême de Clotaire. — Sa mort est fixée à l'an 602. Il avait été un des Leudes de la Cour de Bourgogne. On arrive ensuite à Ariduis ou Arige. Frédégaire et le moine Aymoin le représentent sous les plus tristes cou-