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                  CHRONIQUE LOCALE

     On s'inquiète profondément dans toute la France du ehômage de
  nos métiers et de la misère qui en est la suite.
    A Lyon, en présence de cette immense détresse, on gémit et on
 s'ingénie à combattre le fléau.
     Le Conseil municipal a voté 200,000 fr. pour venir en aide aux ou-
 vriers sans travail et trois chantiers ont été ouverts dans lesquels on
 ne reçoit que des tisseurs. La Chambre de commerce a offert 20,000
 francs.
     On organise des fêtes, des concerts, des souscriptions et on peut
 être sûr que le cœur des Lyonnais ne fera pas défaut.
    Mais au loin, on croit toujours que la misère engendre la guerre
 civile- On voit déjà se hisser le drapeau noir et à la chambre même,
 on rappelle la désolante et terrible devise : Vivre en travaillant ou
 mourir en combattant.
    De là, il n'y a qu'un pas à faire pour accuser les couvents qui accapa-
 rent l'ouvrage, et les fabricants qui spéculent pour faire mourir le
peuple de faim.
    Hélas ! il n'y a qu'un mot à répondre : les couvents n'ont pas de
métiers à tisser, et les fabricants sont les premiers à gémir et à souffrir
 de la cherté des soies, des fléaux qui frappent la sériciculture comme
 de la fermeture des marchés turcs, russes, anglais, allemands, amé-
ricains, à qui la guerre interdit les achats.
    Quelle qu'en soit la cause, le mal existe ef il faut le combattre avec
énergie °
    A côté de la bienfaisance active et dévouée, on a choisi, parmi les
moyens pratiques, l'organisation d'une grande fête de bienfaisance
dont les préparatifs donnent de l'ouvrage et de l'occupation à une
foule d'industries et dont le produit sera offert aux indigents. On a
nommé un Comité composé de :
    MM. le préfet du Rhône, président, le procureur général, le général
Février, Chavannes,président du conseil municipal, le docteur Gaille-
ton.Piaton, Joseph Kupenhein, Chabrières-Arlès, Tapissier, Cambe-
fort, Clément, Deville, Mangin, Aimé Gros, Juvenet, Cathelin. M.
Bouillier, chef du cabinet du préfet, remplira les fonctions de secré-
taire.
    De son côté, Paris nous promet des secours et tous les départements
nous anoncent qu'il viennent à notre aide.
    Puissent les sommes envoyées pallier les souffrances d'une popula-
tion calme, résignée, patiente, qui est mal connue, mal jugée au loin et
qui, méritant les vives sympathies de ceux qui la connaissent, attend
sans cesser d'espérer.
   Du moins, que cette attente ne soit pas vaine.
   Espérons aussi que le retour du travail mettra fin bientôt à la tris-
tesse de tant de ménages
   — Une nombreuse réunion d'ouvriers tisseurs a organisé, le di-
manche H février, à la Rotonde, un syndicat pour l'amélioration de
leur situation.