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180           RAPPORT SUR M, CANAT DE CHIZY

rivières et de ruisseaux qui fertilisent la Bourgogne.
L'auteur a dit avec raison « qu'en dépouillant les docu-
ments et les chartes anciennes qui sont la vraie source où il
faut puiser, on s'aperçoit bien vite que la presque tota-
lité des noms de nos rivières appartient aux idiomes anti-
ques et autonomes et que la persistance de certains de
ces noms, dans des lieux très-éloig-nés, montre qu'ils
avaient une signification propre et correspondant néces-
 sairement aux choses qu'ils nommaient. » Il a dit avec
non moins de vérité « que chaque cours d'eau a sa
vie propre et qu'il ne faut chercher qu'en lui, ou autour de
lui, la raison de son nom. » Il a consacré nécessairement
une longue dissertation au nom delà Saône, cette paisi-
ble et belle rivière dont le cours est si lent, si paresseux
que César a pu dire d'elle : « Flumen est Arar quod per
fines JEduum et Sequanorum in Rhodanum influit incredi-
 bili lenitate, ita ut occulis in utram partent fluat judicari
 non possit. » Et un poète a répété:
         Quos Rhorlanus velox Ararig quos tardior ambit,
         Rhodanumque morantem precipitavit Arar.

   M. Canat de Chizy nous donne aussi de curieux détails
sur le groupe des cours d'eau qui a mer ou merd pour ra-
dical et dont la Bourgogne et même le massif du Mont-
d'Or lyonnais fournissent de nombreux exemples. Ce radi-
cal a tant effarouché la pudeur de Pierre de Saint-Julien de
Baleure, doyen de Chalon, et le meilleur de nos histo-
riens anciens, en Bourgogne, qu'il écrivit dans ses « An-
tiquités deChalon, » au sujet d'un ruisseau, prèsSennecey
le Grand: « ce ruisseau est nommé peu honnestement Mer-
dery » On voit bien que le docte doyen n'avait pas étudié
le celtique : il eût su que ce mot qui l'épouvanta si fort
ne signifie qu'eau lente, eau marécageuse.
   En 1869, M. Canat de Chizy a raconté « la Construc-