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FABLES DE M. BOURGUIN (Paris 1876) Un jour, nous entendions quelqu'un dire, à l'occasion d'un fabuliste qui passait : Bah! A quoi cela sert-il de faire encore des fables? La Fontaine n'en a-t-il pas assez produit? Pareille sottise peut s'appliquer à tous les auteurs de comédies et de drames, et cette fois à la gloire de Molière et de Racine. Fables , comédies et drames nouveaux naîtront et devront naître toujours. La nouveauté dans les arts est d'un charme éternel. Eternelles aussi sont la sottise et la faiblesse humaines, lesquelles changent seulement de forme avec les mœurs nouvelles et les révolutions. On égalera difficilement les modèles dans tous les genres ; la nature ne se répète pas. Mais même sans avoir des qualités équivalentes, on peut en posséder de suffi- santes pour plaire, être utile, instruire. Dans l'apologue, Florian, Lachambaudie, Viennet en sont la preuve. Nous avons sous la main un nouveau volume de fables, qui est de M. Bourguin. Cet auteur n'est pas lyonnais, mais il compte à Lyon de nombreux amis, ce qui lui donne des droits particuliers à notre sympathie. Les fables de M. Bourguin sont élégamment versifiées,