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gère ; cependant, le ton simple et la bonhomie qui ré-
gnent dans tout Cet ouvrage, captivent le lecteur et lui
font aimer en même temps le livre et l'écrivain.
    M. Raymond parle d'abord de ses parents, de ses pre-
mières années. Ce chapitre est un des mieux écrits ; le
portrait de sa mère, bonne et fantasque, dévote et un
peu coquette, a une expression de vérité naïve. Il trace
ensuite l'historique de ses études, dans lesquelles un tra-
vail obstiné le rendit l'égal ou le supérieur de ceux de
ses camarades à qui la nature avait accordé plus de faci-
lité. Comme presque tous les jeunes gens élevés au sein
des familles religieuses, il se crut appelé à l'état ecclésias-
tique. Une chanson contre son professeur, qu'il fredonna
par inadvertance devant ce dernier, le força à sortir du
 séminaire Saint-Iréuée de Lyon, où il était élève, et lui
 fit^abandonner cette vocation. « Sans cette maudite chan-
 son , dit-il, il est vraisemblable, qu'au lieu d'une vie agi-
 tée par tant de vicissitudes, j'aurais vécu paisiblement et
 uniquement occupé à faire des conversions. » Ceux qui
 ont été à même d'apprécier l'utilité de la carrière scienti-
 fique et industrielle de M. Raymond, donneront sans
 doute à la chanson une toute autre épithète.
   Il étudia la médecine à Montpellier. L à , l'exemple de
jeunes gens plus riches l'entraîna à d'assez fortes dépenses,
pour des vêtements qu'il nomme toilette de marquis.
Cette toilette était due aux fournisseurs , à l'instar de
celle de beaucoup de fashionables : mais ces messieurs
laissent d'ordinaire l'inquiétude à leurs créanciers, tandis
que le bon M. Raymond déplora amèrement une faute
 dont il s'exagère encore la gravité. Il fait une peinture
 comique de la sensation que produisit son brillant costume
 au milieu de sa famille.