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70 quelques heureux changements dans la disposition des ta- bleaux déjà connus, et quelques augmentations, parmi les- quelles il faut citer d'abord un Intérieur de Couvent, deGranet. Ce maître, que son tableau de Stella plaça au premier rang, fut long-temps le seul émule, le seul rival peut-être que Bou- ton eût à redouter. Cependant une malheureuse tendance à se recommencer, la raideur systématique de ses productions, l'affectation des tons noirs dans ses contours et dans ses vi- gueurs , lui fit perdre un peu de la faveur dont il jouissait parmi les artistes et la partie éclairée du p u b l i c ; mais de- puis, le Cloître d'Arles, la Religieuse malade, la Justice de paix en Italie, et surtout le Rachat des Captifs, production capitale, dans laquelle on retrouve toutes les qualités de son admi- rable t a l e n t , sans la moindre trace de ses anciens défauts, lui rendit tous ses amis et vint mettre le sceau à sa réputa- tion. On pourrait peut-être reprocher au tableau que Granet nous a envoyé un peu d'infériorité dans la louche et quel- ques figures assez médiocrement dessinées; mais, séduit d'a- bord par la magie du coloris et surtout par la largeur et la richesse de la lumière , on n'a pas le temps de critiquer, on est pressé d'admirer ce jour qui illumine les stalles, le p a r q u e t , et surtout celle partie d'en-haut du tableau, où le soleil se glisse et se joue dans l'air que traverse ses rayons ; tout cela est rendu avec tant de vérité, qu'on oublie, en le voyant, qu'on a déjà applaudi vingt fois le même effet dans ses compositions. D'un ton franc , d'un aspect harmonieux, largement calculé, ce tableau est d'un mérite incontestable. M. Duclaux a expos", quatre paysages qui rappellent le bon temps de l'école de L y o n , où la peinture léchée, limée au blaireau , refroidie par un fini égal dans tous ses plans et dans tous les objets, enlevait le suffrage universel. Sans doute un ouvrage fait pour être vu de près doit être plus travaillé qu'un tableau de grandes dimensions; mais il ne faut pas éteindre, tuer sa touche , à force de polir. M. Duclaux, pein- tre spirituel d'ailleurs, a une couleur grise , morne , qui mût