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   à son pinceau , souvent délicat, mais jamais énergique, et
   ôle à ses tableaux tous les avantages qu'ils pourraient tirer
  de ses jolis animaux et des charmants détails dont ils sont
  pleins.
     On a , selon nous, critiqué avec plus de sévérité que de
  justice les tableaux de M. Guichard. Sans vouloir nous faire
  les défenseurs des erreurs où tombent quelquefois les plus
  beaux talents, nous dirons cependant que si le sujet, qui^
  en poésie comme en peinture, est un point principal, avait
  été autrement choisi, ses tableaux auraient trouvé moins de
 gens prêts à affirmer qu'ils étaient mal peints. Un tableau
 dont la composition est seulement intéressante,, séduit tou-
 jours la foule, quelque soit le mérite de son dessin ; mais
 elle se montre bien autrement exigeante pour un sujet d'une
 haute portée ; elle veut que rien ne soit choquant, que l'ex-
 pression des personnages , que leur pantomime soit vraie,
 et que le drame soit bien combiné. Sans doute ces qualités
 ne se trouvent pas toutes réunies dans les tableaux de M. Gui-
chard , mais il faut avouer cependant qu'on y voit partout
 qu'il pouvoit faire mieux, et que s'il s'est trompé, il s'est
trompé en homme habile qui prendra sa revanche au pre-
mier jour.
    Les paysages sont en grand nombre au salon, et ce qui est
digne de remarque, c'est qu'il y en a beaucoup de très-boas,
peu de médiocres, et point de tout-à-fail mauvais. Les Ge-
nevois en ont envoyé quelques-uns , dans lesquels on re-
trouve tous les défauts et toutes les qualités de leur école .
à la fois trop calomniée et trop vantée. M. Diday, l'un des
artistes genevois le plus fécond, choisit bien ses sites , et
recherche les grands effets ; le mouvement de ses lignes est
heureux, mais les yeux sont éblouis et non séduits par son
coloris, plus éclatant que vrai. Quand il se sera blasé lui-
même sur ses teintes exagérées, et il a trop d'esprit pour
ne pas en venir là bientôt, il se souviendra que le paysage
ne saurait être estimé pour le trait seul, et q u e , quelque