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     création, au 17 siècle, d'une institution d'asile et de cor-
     rection pour la j e u n e s s e , institution s a g e , pleinement en
    rapport avec les mœurs de l'époque et les besoins de la so-
    ciété. Un jeune homme , l'espoir de sa famille , en devenait-
    il , par son inconduite , le tourment et menaçait-il d'en être
    un jour le déshonneur?les lois l'autorisaient à placer le jeune
    indiscipliné dans une maison d'épreuve. L à , grâce au zèle et
    à la piété des maîtres , à la contrainte d'un exil momentané ,
    la vertu reprenait par degrés son ascendant sur le cœur
    rebelle ; retrempée dans les sages leçons d'une courte ad-
    versité , elle sortait de l'asile, sans emporter la flétrissure
    d'une condamnation.
        Sous l'empire de notre législation actuelle, le père de fa-
    mille, déshérité de tous ses droits, est souvent déshonoré dans
    la personne d'un enfant dont la fougue méconnaît l'autorité
    paternelle. Si votre fds est vertueux, tant mieux! il sera
    votre consolation. S'il est vicieux, insolent; m è r e , s'il ou-
    trage et déchire votre sein, tant pis! comme si elle ne
    vous devait rien, la société n'a rien prévu                 En échange,
    elle tend ses chaînes, ouvre ses prisons, voilà tout. Quelle
    mère y précipitera son fils, en affrontant la censure du p u -
    blic qui les flétrirait sans retour l'une et l'autre ?
        11 se peut que les jeunes lionceaux écumassent sous le frein
     d'une règle austère ; il se peut que les reclus cherchassent à
     se venger par quelques méchants lazzis, comme le témoi-
     gnaient les inscriptions charbonnées sur les murs des cellu-
     les ; il se peut que la jeunesse en corps se récriât contre ces
     touchantes institutions ; mais si elles retenaient sa fougue ,
     corrigeaient ses emportements ; si elles rendaient aux familles
     des prodigues qui par leurs vices les eussent tristement déshono •
     rées, oupar leur éloignementlurtif amèrement désolées 5 qu'im-
     porle? qu'importe si nos bons pères eurent sous les yeux le
     spectacle souvent répété de ces touchants retours ; s i , plus
     d'une fois, une heureuse mère vint à l'Observance recon-
     naître , parmi ses pleurs r e p e n t a n t s , celui qui avait si




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