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à l'année 1368, avait tenté vainement de s'introduire aux Cor-
deliers de Lyon. Etrangère, elle avait été repoussée comme
une inconnue , comme inutile , inopportune. Un autre lieu ,
sur le même sol et dans la même cité , devait en porter les
premiers fruits. Une nouvelle création devait produire p a r l a
toute puissance d'un exemple rapproché , ce qu'avait essayé
vainement l'image de vertus incontestables , mais qui per-
daient de leur influence à proportion de leur éloigne-
ment.
MUQOE En France , plusieurs maisons de Cordeliers conventuels
de
avaient embrassé l'Observance. Ce fut à deux religieux fran-
«DATION °
çais, ainsi réformés , que l'église et le couvent dont nous re-
traçons l'histoire durent leur établissement, vers la fin du
quinzième siècle. De ces deux religieux, l'un se nommait P. F .
Jean Bourgeois, de la custodie de Dole ; l'autre P. F . Jean
Tisserand, de la custodie de Dijon. Tous deux vivaient , d e -
puis quelque t e m p s , - à P a r i s , dans l'exercice du ministère
apostolique et dans la faveur royale que leur avaient acquise
d'éminentes vertus. Jean Bourgeois, révéré pour sa sainteté
r e c o n n u e , avait gagné la. confiance de Charles VIII et d'Anne
de Bretagne , Jean Tisserand jouissait de la plus haute consi-
dération auprès de cette princesse ; mais Charles et Anne
accordèrent toujours la prééminence au premier : il la mé^
rilait.
Frère Bourgeois, depuis plusieurs années , se vouait tout
entier au succès de la réforme, et déjà cinq couvents , fon-
dés par ses soins, en différentes contrées, suivaient la règle
nouvelle. Lyon tenta le zèle du saint réformateur : il n'eut
pas de peine à faire entrer dans ses projets le roi Charles et
sa vertueuse épouse. Charles, qu'une passion assez mal e n r
tendue de la gloire et l'amour du plaisir n'empêchaient pas
de se prêter aux progrès de la religion , sollicité d'ailleurs
par la reine et par son favori, pressa vivement l'exécution de
leurs desseins.
A cet effet, il dépêche noble Thibaud Beventian , chevau-