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a Enfant du Midi de là France ,
« Et l'un de ses chers troubadours,
« Toi qui fis aimer les beaux jours
« Et les soirs enchanteurs de l'heureuse Provence,
« Le peuple, instruit par toi, connut mieux ses vertu»,
« La morale eut de nouveaux charmes,
« Et la religion,. dans nos cœurs abattus, ,
« Appela la prière au secours de nos larmes.
« Tu dis par quels accents on attendrit les cieux ;
« Tu souris à l'enfance , et bientôt la jeunesse
« Puisa des leçons de sagesse
« Bans tes apologues heureux.
« Tout ce que ta plume éloquente
« Nous dit des secrets de ton cœur,
« Parle de la vertu, des devoirs, de l'honneur ;,
« Et ta gloire encor s'en augmente.
« A cette gloire , à ces vertus
« J'ai voulu rendre un juste hommage.
« On aime à parler le langage
« Des hommes qui vivront quand nous ne serons plus ;-
« On aime à dérober à la tombe cruelle
« Un moment de l'éternité i
a Bérenger, tu vivras dans la postérité ,
« Et moi j'aurai parlé comme elle! »
Nous placerons parmi les poésies le premier des litres lit-
téraires de M. Bérenger, ses Soirées provençales (1), et nous
jetterons d'abord un coup-d'œil sur ses productions en prose.
Elles sont presque toutes des recueils, des compilations , si
La haine des méchants et l'amitié des bons.
M. CHIGNON , d'Orléans*
Celle dernière pensée n'est vraie qu'à moitié. Notre auteur a bien mérité
et obtenu l'amitié des bons ; mais il était trop bon lui-même , il n'avait point
assez de fermeté, d'indépendance dans le caractère ; sa vertu rigide n'a
jamais froissé d'assez grands intérêts pour s'attirer la haine des mé-
chants.
(1) Les Soirées provençales ont eu trois éditions. La dernière, quoique
fort mal imprimée, a été aussi bien accueillie que les précédentes. Un grand