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450 LA R E V U E LYONNAISE monetis, etc., en deux volumes in-folio, cet ouvrage a passé successivement du cabinet de Boze l (n° 2193) à celui de Cotte (n°.2258) et enfin de la Bibliothèque de Van Damme (n° 1286) dans celle de M. le Baron de Westreenen de Teillant, à la Haye, où il se voyait déjà en 1818. Depuis lors, on n'en avait plus entendu parler; mais, en 1879, réminent directeur de la Bibliothèque natio- nale le recontra dans la Bibliothèque royale de La Haye et il voulut bien me faire connaître sa découverte, le 10 août 1879, en ces ternies : « J'ai vu à La Haye, au Musée du baron de Westreenen, ou plutôt, j'ai entrevu deux volumes sur lesquels je regrette de n'avoir pu prendre des notes détaillées2. Ils contiennent les papiers numismatiques de Peiresc. Il y a beaucoup de renseignements sur les amateurs du temps qui faisaient des collections d'antiquités et de médailles, J'ai cru y reconnaître quelques noms lyonnais. L'un de mes regrets d'avoir fait ce voyage si rapide, c'est de n'avoir pas eu le temps de dépouiller, à votre intention, ce curieux recueil de Peiresc. » Quelques jours après, M. Léopold Delisle, poussant plus loin encore son obligeance, voulut bien demander pour moi le prêt de ce manuscrit, mais le règlement du Musée 3 s'y opposant formel- lement, d'après la volonté de M. de Westreenen, le savant conser- 1 Boze (Claude de) était lyonnais. Il naquit à Lyon le 28 janvier 1680 et mourut à Paris le 10 septembre 1753, âgé de soixante-quatorze ans. Après avoir fait ses éludes au collège delà Trinité, il fut reçu avocat et prononça l'oraison doctorale en 1699, le jour de la saint Thomas. Malgré sa jeunesse, il fut élu le 25 juin 1706 secrétaire per- péaiel de l'Académie des inscriptions, puis garde du Cabinet des antiques. Possesseur d'une 1res remarquable cellection de livres, il céda à la bibliothèque du roi en 1728 et en 1738, une suite d'eir.iroh quarante-cinq volumes ou portefeuilles remplis pour la plupart de pièces historiques. (V. l'art, de Beuchot dans la Biographie univ. de Michaud). 2 Voici l'opinion de M. Delisle sur cet ouvrage de Peiresc : « Ce sont des notes sommaires dans lesquelles pourrait seule êe reconnaître Une personne familière avec les matières et surtout avec les noms d'hommes dont il est question. Peiresc y a marqué, au courant de la plume, les nouvelles qui lui arrivaient sur les découvertes de trésors, sur les pièces qu'il fallait voir chez tel ou tel amateur, sur les brocantages qu'il faisait, sur l'opinion que divers connaisseurs avaient au sujet de médailles rares et inexpliquées. Pour comprendre ces mémoires intimes, il faut d'avance connaître la Société d'élite avec laquelle Peiresc vivait et correspondait en France et en Italie (Lettre de M. Léopold Delisle, du 2 octobre 1879). 3 M. Campbell s'exprimait ainsi au sujet du règlement dans une lettre adressée à M. Léopold Delisle : « Combien je serais heureux si je pouvais vous annoncer que les deux volumes sur les collections numismatiques de Peiresc vous arriveront bientôt dans l'intérêt de M. Niepce. Malheureusement M. le baron de Westreenen, par son