page suivante »
LA J A R R E T I È R E BLEUE 275 très gentiment d'avoir su attendre que je connusse celle qui avait la jarretière bleue. — Pauvre petite ! elle vous a séduit par le moyen qu'employa la « belle et honneste dame » dont parle Brantôme pour conquérir le cœur d'un courtisan, mais elle, c'était sans malice et en toute innocence. » Que vous dirai-je déplus? La cérémonie à l'église Saint-Paul fut magnifique, Renée était adorable en mariée, et tout le monde trouvait qu'Oscar était un heureux coquin. Le soir, il y eut chez les Morin un dîner et un bal dont on parle encore au Marais. A'minuit, les jeunes époux s'éclipsèrent discrè- tement, et se rendirent au logis de la rue Férou, dont l'amoureux Bachereau avait fait une délicieuse bonbonnière. Après avoir dansé comme un perdu toute la nuit, je m'en allai lorsque l'aube commençait à paraître avec Louis de Tournemont, qui avait été, ainsi que moi, le témoin d'Oscar. « Parbleu ! me dit-il, il faut avouer que votre ami est, en somme, dans le vrai. Tout ce que j'ai vu aujourd'hui m'a donné, comme à Mascarille, des démangeaisons de mariage. Et à vous? — A moi aussi, j'en conviens. — Voulez-vous que nous demandions Lucile et Marthe. — Mais... permettez... ! — Laissez donc, n'hésitez pas, ou on nous les soufflera, car elles sont adorables, en vérité ; mais c'est drôle qu'il ait fallu la céré- monie de ce matin pour m'en faire apercevoir. Ainsi c'est convenu? nous posons notre candidature. — C'est convenu, alliance offensive et défensive. » Et voilà comment la jarretière bleue après avoir fait un mariage pourrait bien en faire deux autres. Si tout se passe comme je le désire, je ne manquerai pas de vous en faire part. DE L A P L A N E .