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UN N O Ë L SATIRIQUE UN NOËL SATIRIQUE en patois lyonnais traduit et annoté par NIZIER DU PUITSPELU. — Lyon. Imprimerie de A. Storck, 1882. gr. in-8°. Nous sommes loin du temps où, sous prétexte de révolutionner la langue, l'abbé Grégoire proposait à la Convention de proscrire les patois. Depuis que l'un de nos plus élégants écrivains, Charles Nodier, a proclamé que les glossaires patois fourniraient des élé- ments précieux à l'histoire définitive des richesses de la langue fran- çaise, on est bien revenu aussi du préjugé qui faisait considérer les dialectes de nos anciennes provinces comme des idiomes mépri- sables. En même temps que-la critique moderne nous apprenait ainsi que c'est dans l'étude des patois qu'il nous faut chercher l'origine de notre langue, l'Académie invitait tous les érudits à dresser l'in- ventaire des précieux restes de nos idiomes locaux, pour servir à la rédaction du Dictionnaire historique de la langue française. Faut-il s'étonner, dès lors, de l'ardeur avec laquelle on s'est livré dans chaque partie de la France à l'étude des patois? N'est ce pas aussi comme une vive protestation contre les dédains du passé et comme pour nous montrer que les principaux de nos anciens idiomes sont bien vivants encore, que s'est produit, de nos jours, ce réveil glorieux de la poésie provençale, à laquelle les fêlibres ont donné un éclat qu'elle n'avait pas connu même aux temps des troubadours ? A mesure que s'enrichissait ainsi le fonds littéraire des provinces du Midi, partout aussi étaient recueillis les éléments du diction- naire de chaque dialecte local, partout étaient livrés à la publicité