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52                   LA R E V U E LYONNAISE
profil et copie l'Antiope du Gorrège. Il faut louer l'expression
gracieuse et attentive du visage et la pose prise sur le fait.
    C'est également avec le plus grand plaisir que je féliciterai
M. Marius Roy, qui a reçu une mention honorable pour son Ne
bouge plus! — Souvenir des grandes manœuvres. Un brigadier-
trompette d'artillerie esquisse au charbon sur la blancheur d'un
mur la silhoutte d'un petit garçon qui regarde faire l'artiste impro-
visé avec admiration. Quelques soldats s'amusent de ce spectacle
tout en astiquant leurs armes. Que M. Marius Roy donne un peu
plus l'allure militaire.à ses troupiers et tout ira bien. Pour lui et
pour M. Béroud le public sera très exigeant à l'avenir. Leur expo-
sition de cette année lui en donne le droit.
    Une visite à la ferme, de M. Girard, est d'une couleur un peu
trop vive, un peu trop chatoyante, ce qui, du reste, attire le gros
des visiteurs. L'œil se perd au milieu de détails trop large-
ment prodigués; un peu plus de sobriété n'aurait pas nui. Il n'est
que juste de reconnaître que la scène est très animée et que les
personnages Louis XVI sont très bien venus.
    Je regrette que les tableaux de Mlle Koch soient si mal placés :
l'un est le portrait de Mn° Juliette Dodu dont tout le monde
connaît la patriotique et courageuse conduite pendant la guerre;
l'autre, intihùèle Sucrier de maman, représenteune fillettequi se
hausse le plus qu'elle peut pour atteindre sur une commode l'objet
de sa convoitise. Ce que j'ai vu l'année dernière de MUoKoch m'a
laissé le meilleur souvenir, et je suis fâché que ses deux ouvrages
 soient juchés à une hauteur où mes yeux, quoique bons, n'ont pu
les examiner convenablement.
    La cigale chantant à la lune, de M.James Bertrand, est tout
 simplement une jeune femme nue, un peu bizarrement perchée sur
 une branche de pin, et qui s'accompagne sur une mandoline. Les
 contours du corps sont un peu mous, mais les rayons argentés
 de la lune l'éclairent d'une façon très poétique. Dans le fond, à
 travers les branches des arbres, on aperçoit un paysage dont la
 note tant soit peu fantastique rappelle le faire de Gustave Doré.
     Le Gfuet-apens du même artiste nous montre deux bravi es-
 pagnols maigres et dépenaillés, armés de gigantesques rapières et
 attendant, collés contre un mur, au aoin d'une ruelle, celui qu'ils