page suivante »
154 LA R E V U E LYONNAISE demie, dans son Histoire de cette compagnie? La Révolution s'en est emparé et les a dispersés. Mais heureusement il nous reste leurs descriptions dans les nombreux mémoires qui ont été lus à l'Académie par ses membres depuis sa fondation, en 1700, jus- qu'après sa fermeture, sous la Terreur. Celui qui voudra écrire une histoire complète de l'art à Lyon lira avec fruit ces mémoires que je ne saurais tous citer ici, et dont un grand nombre ont pour auteurs, entre autres, Antoine Laisné, Directeur de la Monnaie de Lyon et qui, en quittant Lyon, céda son riche médailler à la ville ; — Pierre de Billy, né à Lyon le 11 avril 1695, mort le 12 février 1780, secrétaire du roi ; — André Clapasson, né à Lyon le 13 jan- vier 1708, mort le 21 avril 1770, avocat ; — Tolomas (Charles Pierre Xavier), jésuite, né à Avignon en 1705, mort dans la même ville le 21 septembre 1762 ; — Ruolz (Charles, Joseph de), né à Lyon le 14 novembre 1708, mort le 10 juillet 1757 ; — Sozzi (Louis Hermois de), né à Paris le 4 octobre 1706, mort à Lyon le 11 mars 1780, etc. Comme on vient de le voir, Lyon ne manqua pas non plus, au dix-huitième siècle, d'érudits distingués qui contribuèrent à faire connaître par leurs écrits et à préserver les monuments de l'antiquité que le sol, après les avoir gardés, pendant plus de neuf siècles, rendait presque journellement. Mais ces monuments étaient épars et conservés seulement, en partie, dans les hôtels des Bel- lièvre, des de Langes, de l'Antiquaille, desPianello de Lavalette, ou dans des maisons particulières où on les avait incrustés dans les murs des cours. A la mort de leurs détenteurs, ces hôtels ou ces maisons ont été vendus à des acquéreurs peu soucieux de garder ces « antiquailles » encombrantes, et elles eussent été de nouveau exposées aux plus graves périls, si un grand événement ne leur eût pas assuré un asile définitif, en faisant naître la pensée de la création des Musées publics. C'est à la Révolution qu'on doit l'institution de" ces grands dépôts scientifiques ; car, tout en dé- pouillant nos anciens édifices religieux et même de nombreux particuliers proscrits par elle, de leurs richesses artistiques, elle voulut qu'on réunît ces trésors dans ce qu'on.appela d'abord les Dépôts des arts. Celui de Lyon a la même origine ; mais, avant de le décrire et d'indiquer les objets qu'on y installa, je crois devoir