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     UN PRÊTRE PHILOSOPHE

        DÉMONSTRATION CATHOLIQUE, par M. l'abbé PERNET,
      chanoine de Belley, ancien professeur de dogme, 2 vol. in-8°, Paris,
      Bray et Retaux, libraires-éditeurs, rue Bonaparte, 82.




   La philosophie étant la synthèse des connaissances humaines,
c'est-à-dire la conception générale des choses par tel homme ou
par tel autre à un moment donné, les esprits les plus divers, ceux
qui sont partis des points les plus opposés de l'horizon intellectuel
y aboutissent également. Seulement elle varie avec le tour d'esprit,
les habitudes mentales et'les opinions particulières de chacun. Le
lettré, le savant, le théologien, qui ont le goût des spéculations
élevées, pourront également arriver à la philosophie, mais ils ne
philosopheront pas de la même manière. Ils conserveront, jusque
sous l'habit du philosophe, leur attitude propre et leur physiono-
mie originale : Yictor Cousin ne ressemble pas à Auguste Comte
ni Auguste Comte h Lamennais.
    Les théologiens philosophes eux-mêmes offrent souvent entre
 eux des différences assez marquées, suivant qu'ils accordent à la
 philosophie plus ou moins d'indépendance et qu'ils sont plus ou
 moins favorables à la raison. Il est, en effet, comme on sait, des
 théologiens qui ne sont pas précisément des amis de la raison et de
la philosophie : il suffit de nommer Tertullien, Huet, Pascal,
 Lamennais et Bautain. Il en est d'autres, au contraire, qui nour-
 rissent pour elle quelque sympathie, un Justin et un Augustin, un