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                                        LA

           JARRETIÈRE BLEUE 1
                                — S1ÃŽÃTK ET FIN   —




    Le mois de novembre amena la reprise des séances de la con-
 férence des avocats. En me voyant au milieu de mes confrères
 dont beaucoup étaient fort répandus dans le monde, je me dis qu'il
 s'en trouverait bien un ayant rencontré MllesMorin. Ces jeunes
 filles riches et agréables ne devaient point vivre comme des
 recluses, encore qu'elles habitassent au Marais. Je pris en note
 le nom de quelques stagiaires domiciliés dans ce quartier ou aux
 environs, et je les interrogeai le moins maladroitement possible.
 Après pas mal de tentatives infructueuses, la bonne étoile d'Oscar
 me fit enfin m'adresser à l'élégant Louis de Tournemont, plus
connu au Palais par son phaéton correctement attelé et sa mise
irréprochable, que par son assiduité à nos réunions et ses aptitudes
juridiques. Cet avocat amateur habitait bien contre son gré la
Place Royale que M. de Tournemont père, partisan du passé
jusque dans le choix de son logement, s'obstinait à ne pas quitter.
    a Les petites Morin de la rue Saint-Claude? me répondit-il,
mais, mon excellent bon, je ne connais que cela. Vous voulez des
détails? C'est élémentaire. Assez gentilles, manquent de chic,
auraient besoin d'être lancées, sac sérieux, éducation solide,
anglais, piano, aquarelle ; vont au Français au jour de l'an et à
l'Opéra-Comique au Carnaval.
    — Très bien. Et la famille ?
 * V. la Revue lyonnaise,   t. IV, p. 187.