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                          MINIMES                      247
   Depuis trente ans, les deux maisons de France et
d'Autriche combattaient pour la domination de l'Europe :
leur jalouse ambition n'était pas plus épuisée que leur
courage. François Ier était mort, léguant à son successeur
le soin de -venger Pavie et d'effacer le honteux traité de
Madrid imparfaitement réparé par ceux d'Ardre et de
Crespy. Ni Henri II ni la nation ne repoussaient cet hé-
ritage ; le roi demandait à ses sujets des subsides pour
lever des troupes et les villes réparaient leurs murailles
et leurs remparts. A Lyon, où pendant l'invasion delà
Provence, on avait pu croire à un péril imminent, on
résolut de refaire les vieux murs d'enceinte et d'établir
de nouvelles fortifications. Le plateau de Saint-Just fut
désigné comme le plus propice à édifier une puissante
citadelle, qui commanderait le cours du Rhône et la
vaste plaine du Dauphiné.
   Ces précautions n'étaient probablement pas unique-
ment inspirées par la, crainte des troupes impériales.
Chacun pressentait déjà que les dissensions religieuses
 entre catholiques et protestants se transformeraient en
luttes politiques. Tôt ou tard, il deviendrait non-seule-
ment nécessaire de défendre sa conscience contre les at-
teintes de l'hérésie, mais il faudrait encore protéger ses
foyers et sa vie contre les attaques de ses partisans. Les
guerres d'Allemagne à peine éteintes par les concessions
de la paix d'Augsbourg avertissaient assez des préten-
tions et des projets des réformateurs français. L'unité de
croyance brisée dans le royaume, dont elle était une des
lois fondamentales, l'unité monarchique courait de réels
dangers. Les moins clairvoyants le remarquaient et les
plus favorables aux novateurs n'étaient pas sans ap-
préhension. Individus et cités, quel que fût le parti au-