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âOO DE LA CHUTE DE LHOMME rons la grâce. Il est temps que le Catholicisme règne î II ne faut pas abolir la raison et ses lumières, mais la ré- parer et la compléter par la foi. Il ne faut pas détruire la liberté et ses prérogatives, mais la retrouver et l'achever par l'obéissance. Il ne faut pas anéantir le cœur et ses élans, mais l'a- grandir et le combler par la grâce. La foi n'est pas le remplacement, mais le supplément de la raison ; l'obéissance ne se substitue pas à la volonté, mais y supplée ; et je vous préviens que la grâce ne referme pas le cœur, mais qu'elle le rouvre à jamais. Car la réparation N'EST PAS VENU DÉTRUIRE L'HOMME, MAIS L'ACCOMPLIR. C'est pourquoi la raison restera tout entière en se soumet- tant à la foi; la liberté demeurera inviolable en obéissant à la loi ; et le cœur suivra tous les élans de son amour en res- pirant la vie de la grâce. Et pourquoi abolir la raison, il n'y en a pas assez ! Pour- quoi diminuer la liberté, elle n'est point assez grande ! Pour- quoi étouffer le cœur, c'est la vie qui lui manque ! La foi sera l'avènement royal de la raison ; car, où la rai- son sera-t-elle plus souveraine que lorsqu'elle possédera toutes les lumières de l'absolu ! L'obéissance sera le triomphe décisif de la liberté ; car, où la liberté sera-t-elle plus libre que lorsqu'elle sera elle-même entrée dans sa loi ! La grâce sera la vie bienheureuse du cœur ; car, où le cœur se sentira-t-il plus tendrement embrasé que lorsque toute la flamme de l'amour aura été purifiée ! Vous étudierez donc la grâce, et vous verrez qu'elle n'est pas venu détruire la liberté, mais l'accomplir (1). (î) « La grâce ne détruit point la nature, dit S. Thomas, mais elle la pré-