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                         HISTOIRE DE I.YON.                        41f»

   illisibles. Cette inscription a été rapportée, mais non figurée dans
   la Recherche de J. Spon (page 36), et méritait d'être publiée exac-
   tement dans la nouvelle Histoire de Lyon. Au reste, l'auteur en tire
   les conclusions qu'il y avait à en tirer pour la science.
       Il traduit le discours que l'empereur Claude prononça au sénat
   pour faire donner à Lyon le droit de colonie romaine, mais comme
  la phrase de Claude affecte des formes très particulières, je trouve
  que le traducteur n'en a reproduit avec assez defidélité,ni la coupe,
  ni les façons affectées. Il s'est même tout à fait mépris sur le sens
  d'un passage relatif à l'expulsion de Tarquin le Superbe ; car, à en-
  tendre ces paroles : « Les mœurs de Tarquin et de ses fils , les
 ayant rendus odieux à Rome, le gouvernement monarchique lassa
  les esprits (page 96), • l'on croirait, sans nul doute, qu'il s'agit
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 des mauvaises mœurs de Tarquin et de ses enfants, tandis que les
 expressions latines, superbi mores, désignent des habitudes de
 morgue et de fierté, des allures orgueilleuses, comme on dirait dans
 notre français d'aujourd'hui. Plus bas, M. Monfalcon fait dire à
 Claude : « Est-ce qu'un sénateur italien n'est pas préférable à un
 étranger? » Les mots latins italiens et provincialis voulaient être
 traduits littéralement, italique et provincial, et expliqués par une
 note, car la version française n'est pas dans le vrai. Plus bas encore,
 M. Monfalcon remplace un mot significatif du texte par un mot
 beaucoup moins précis. Claude, en effet, parle des observations
qu'il fait comme censeur, et dit : ma censure, tandis que le traduc-
teur se sert du mot proposition. A la page 97, il nomme Valerius
Asiaticus, que le texte ne nomme pas, quoique ce soit bien réelle-
ment de lui qu'il s'agit.
     Malgré son dessein bien arrêté de ne pas se laisser aller aux con-
jectures et aux suppositions, comme beaucoup de ses devanciers
qui décrivent les campements des armées romaines, et le font avec
la sérénité d'un témoin oculaire, M. Monfalcon n'a pu s'empêcher
de sacrifier aussi à la science de la castramétation. Tout ce qu'il
dit du plateau de Craponne (pag. 48) ne repose sur aucun docu-
ment historique ; ce qu'il ajoute (pag. 59) sur Lépide, Silanus et
Marc-Antoine, dont les noms resteraient encore à certains villages,
peut bien être contesté pour ce qui est du temps présent, quoiqu'on