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ET DE SA RÉPARATION. 207
pas dans l'abondance des joies et des consolations spirituelles ;
quelle merveille que vous vous sentiez de la joie et de la dé-
votion lorsque la grâce vous visite ! » Ces disettes spirituelles,
en offrant à la volonté l'occasion d'être de plus en plus
forte par elle-même, rendent sa couronne de plus en plus
resplendissante de mérite et d'impulabilité.
Aussitôt que la grâce, cette attentive mère de la liberté,
voit poindre en l'homme un peu du véritable amour, elle se
retire tout douceement du cœur, lui reprend une à une ses
consolations, etle laisse peu à peu dans l'obscurité. Alors elle
peut voir ce divin enfant chercher de lui-même sa lumière et
remplir sa prison de ses soupirs; ses larmes coulent, il craint
d'avoir été oublié, il va tomber épuisé de chagrin et de dé-
laissement, mais la grâce rentre, le presse tendrement sur son
sein, et lui dit: tu vois bien que je suis toujours là ! Une autre
fois la grâce conduit ce cœur dans le désert par le chemin de
la douleur. L'abandon devient effrayant, tout se retire de lui,
jusqu'à la nature ; le ciel est sourd, l'aridité au-dedans, le dé-
laissement au-dehors ; ses forces le quittent, il croit expirer,
tout s'éteint en lui, sauf une petite et lointaine flamme
d'amour, la voix de la sirène énervante la lui demande et
il la lui refuse par un dernier soupir !!... Mais soudain les an-
ges des Cieux s'abattent autour de lui, ils prennent dans leurs
bras cet enfant immortel et le ramènent comme un ange lui-
môme au milieu des enfants des hommes, pour que l'on voie
éclore sous ses pas la fleur des miracles, comme symbole de
ceux qu'il vient, par l'amour, de faire éclater dans l'être ! — Oh!
ne me faites pas raconter des choses que je ne sais point. Je
voulais seulement dire que notre liberté n'a pas à s'inquiéter
des effets de la grâce, qu'elle peut s'en reposer sur celui
qui l'envoie !