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ET DE SA KÉPAHAT10N. 199
ceux qui se sont fait les hommes de la raison, de la liberté et
du cœur proclament dans l'orgueil la légitimité de toutes ces
facultés. Les philosophes ont prétendu que la première était
tout à fait suffisante et souveraine ; les publicistes, que la
seconde restait intégrale et sans loi; les moralistes, que le
troisième était sacré et dans toutes ses voies.
Les conséquences de ce second point de vue, plus funestes
encore que les précédentes, ne verront point de bornes. De lÃ
une hostilité fondamentale contre tout ce qui prétend réparer
l'homme et ramener son ame h de plus fréquents rapports
avec Dieu ; de là la religion repoussée et poursuivie dans le
monde, sous tous ses noms, dans toutes ses formes, dans tous
ses résultats.
Les hommes de la foi, de l'obéissance et de la grâce, ef-
frayés devant des prétentions aussi dangereuses, et mesurant
l'étendue d'une pareille erreur, ont pensé qu'il fallait décidé-
ment condamner, jusque dans leurs racines, les trois facultés
sources de tant de maux. Les deux camps sont devenus irré-
conciliables. On le voit évidemment, les uns ne voudraient
point de la grâce, et les autres ne voudraient plus de la
liberté !
Naturellement, les esprits indomptables et les méchants dé-
sireraient que le second point de vue fut le vrai pour voir
anéantir la religion. Généralement, les esprits lâches et les fa-
natiques désireraient que le premier point de vue fut réel,
pour voir détruire tout ce qui n'est pas de la religion. Ce
dernier système est du vieil homme, le premier est de l'homme
usé. Ne croyez pas que les esprits qui se sont maintenus jus-
qu'à présent dans la vérité aient eu toute la place qui leur
était nécessaire !
Que l'homme prenne ses forces et sorte des systèmes ! Ne
pensons pas à partager et à détruire, quand il ne s'agit que
d'unir et d'édifier. Respectons la nature humaine, et ado-