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ET DE SA RÉPARATION. 191
et conserve le principe de tous ses éléments ; 2° qu'il ne se
conserve que par la transmission actuelle de ces éléments ;
et 3° que l'être essentiel ne les transmet actuellement que
par un acte actuel d'amour, tout semblable à celui qui pro-
duisit la première donation de l'existence.
Or, l'être essentiel n'ayant de désir que pour la conservation
et la réussite de ses œuvres, l'amour qui a fait en lui un besoin
de la création (s'il est permis de s'exprimer ainsi) lui en faisant
un de la conservation, les mêmes lois de sa nature divine le
portent à reconstituer, par la réparation, l'être que le
mal allait perdre, contre les fins pour lesquelles il l'avait
créé. Et de fait , l'homme ne pouvait recevoir la subs-
tance réparatrice que de la source de sa substance conserva-
trice, comme celle-ci ne pouvait elle-même lui venir que de
la source de sa substance créatrice. « Je voudrais bien
savoir, s'est écrié Pascal, d'où cette créature, qui se re-
connaît si faible, a le droit de mesurer la miséricorde de
Dieu? »
Pour que le créateur possède l'homme tel que le demande
le plan divin , il devient nécessaire qu'il lui communi-
que, non seulement comme aux autres êtres, la vie habituelle
de conservation, mais encore la vie actuelle de réparation
dont il a besoin.
Or, le bons sens nous indique que la vie dont l'esprit a be-
soin est, premièrement quelque chose de spirituel, seconde-
ment quelque chose de supérieur à lui, qui puisse agir sur
son être et lui restituer ce qu'il a perdu.
Quel peut être ce quelque chose de spirituel et de supé-
rieur à l'homme, pouvant agir sur son être en lui rendant ce
dont il a besoin, si ce n'est la substance même de l'être infini
qui l'a créé ?
Ce sera donc une nouvelle dose de vie que Dieu ajoute à sa
création par dessus ce que ses volontés immuables lui avaient