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190              DE LA CHUTE DE L'iIOMMK

cultes et des mêmes dispositions ; et enfin ma liberté n'a
lias été changée, car il faut bien que je sois toujours moi ;
ma volonté n'a pas été remplacée , elle est bien aussi tou-
jours moi!
   Une force est venue dans la nature humaine. Mes facultés
n'ont pas changé, ma volonté est toujours à moi, ma per-
sonnalité n'a point été remplacée ; mais une énergie qu'elle
n'avait pas lui a été communiquée et a pénétré en elle
comme la chaleur pénètre dans un corps sans déranger ses
molécules, et l'esprit de l'homme embrasé s'est porté au de-
vant de ce qui est éternel. Telle est cette force qui ne vient
pas de l'homme, mais dont le Ciel gratifie l'homme pour le
ramener librement vers lui ; telle est cette grâce qui se presse
d'accourir au secours de sa liberté !


    La création est cet acte par lequel Dieu fait participer des
êtres à quelques unes des conditions de l'existence, dont la
totalité constitue en lui l'absolu. C'est selon le degré dans
lequel ces conditions sont distribuées aux êtres que leur rang
est assigné dans l'échelle de la création, depuis les premiers
degrés de l'animalité dans les natures organiques, jusqu'aux
plus divins attributs dans les natures angéliques. Tous ces
êtres conditionnels ne subsistant que par l'acte de l'être es-
sentiel, leur conservation n'est qu'une incessante création ;
c'est une circulation continuelle des éléments de l'existence «
du sein de celui qui les possède par soi, dans le sein de celui
qui les possède par don. Aucune créature ne pouvant possé-
der un seul élément qu'elle ne le reçoive actuellement de
l'être essentiel, et la création n'étant pas une chose néces-
saire, mais une chose voulue, c'est-à-dire un fait qui repose
sur un continuel amour réalisé par une actuelle volonté, il
résulte que nous ne pouvons concevoir la durée d'un être que
sous ces trois notions : 1" qu'il y a dans l'être qui le crée