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128 HYGIÈNE DES FAMILLES.
avec la constitution, et sur le système pénitentiaire, faisant remar-
quer à juste titre que de pareilles considérations ne sauraient être
déplacées dans un ouvrage qui traite du perfectionne~ment physique
et moral de l'homme. Nous sommes très disposé à croire avec lui :
« qu'une des plus grandes causes du malaise de la société et de
l'abondance des crimes qui la déshonorent, consiste peut-être dans
le peu de soin qu'on apporte à utiliser les aptitudes organiques des
classes inférieures de la société ; qu'il existe un grand nombre d'ê-
tres pervers qui ont voué une haine à mort à la civilisation, à la
vie de tous; que chez eux cette violence d'instincts meurtriers est
favorisée par une constitution athlétique, à qui il faut de l'expan-
sion, du mouvement, des actes violents; que,livrés à eux-mêmes,
ils s'adonnent à l'atroce gymnastique de l'effraction, du pillage et de
l'assassinat ; que, maintenus sous le joug d'une discipline sévère, ils
feraient d'excellents soldats, etc. »
Nous partageons pleinement les opinions de l'auteur sur les pé-
niteotiers et le but que ces institutions doivent se proposer d'attein-
dre. Un pénitentier ne doit pas être seulement une prison, un lieu
do séquestration, destiné à isoler le coupable, à le punir et à venger
la société offensée ; il faut encore qu'il puisse y trouver les élé-
ments de sa régénération morale; nous croyons, avec M. Devay,
que « de même qu'il existe des établissements sociaux, où l'on rend
la santé du corps à ceux qui l'ont perdue, il doit exister éga-
lement dans le monde des établissements où les grands coupa-
bles, les criminels endurcis, mis désormais à l'abri de la conta-
gion du crime, soient rendus à la santé de l'ame et au calme du
bon sens.
Après l'exposition succincte des deux principales formes que le
système pénitentiaire a reçues dans son application, l'auteur n'hé-
site pas à donner la préférence au système Pensylvanien ou cellu-
laire, qui consiste dans la réclusion individuelle et permanente du
détenu. Il veut, en détruisant tout rapport entre les prisonniers,
empêcher la contagion du mal ; mais il repousse l'isolement absolu
comme contraire aux exigences physiologiques de la nature hu-
maine, et comme devant nécessairement conduire à l'abrutissement
et à la dégradation. 11 demande que le coupable soit soumis à des