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HYGIÈNE DKS FAMILLES. 120
influences morales et honnêtes, et que le mauvais soit mis en con-
tact avec les bons.
Abordant l'étude des modificateurs physiques qui sont, à propre
ment parler, la matière de l'hygiène, l'auteur insiste avec raison
sur les rapports de l'organisme humain avec les agents de l'atmos-
phère au milieu de laquelle il est incessamment plongé. L'air at-
mosphérique et les effets qui résultent de sa pression, de son état
hygrométrique, de sa pureté ou de sa viciation, etc., nous ont paru
avoir fixé l'attention de l'auteur d'une manière toute spéciale et
parfaitement en rapport avec la gravité du sujet. On ne saurait trop
insister sur l'importance du rôle que joue la respiration dans l'ac-
complissement des actes vitaux, et sur la nécessité pour l'entretien
de la vie et de la santé de respirer un air pur. Ce précepte d'hy-
giène que tout le monde connaît, qui est écrit partout, répété sans
cesse par ceux qui ont mission de le propager, est, sans contredit,
un de ceux qu'on pratique le moins, et les fâcheuses conséquences
des infractions à cette règle sont si communes dans les villes sur-
tout, que les observateurs les plus attentifs et les plus dévoués fi-
nissent par en perdre de vue la véritable origine. Si nous étions
mis en demeure de choisir entre une bonne alimentation ou une
bonne aération, nous n'hésiterions pas un seul instant à nous pro-
noncer, avec l'auteur, pour cette dernière.
« Si l'homme, dit M. Devay, avait à faire un choix entre une
bonne nourriture et la respiration d'un bon air, l'intérêt le plus
immédiat de sa conservation exigerait que son choix tournât au
profit du second ; en un mot, il lui serait plus facile de se passer
d'une bonne alimentation que d'un air salubre. C'est vainement
qu'il tenterait de donner à l'organisme toute sa vigueur par une
nourriture abondante et choisie, si une complète oxygénation du
sang veineux ne concourait à l'élaboration des substances aii-
biles, etc. » Et plus loin : « Toutes choses égales, d'ailleurs, il
faut pour l'entretien de la santé, qu'un rapport normal existe entre
les deux grandes fonctions, la digestion de l'air et celle des ali-
ments. La première, avec des matériaux parfaits peut en quelque
sorte suppléer à la seconde ; tel est le cas de certains montagnards,
aux formes athlétiques, à la plus riche carnation ; on croirait, de