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DE LA SOCIETE DES AMIS DES ARTS. G7
avec lequel sont rendus tous les détails de la charpente osseuse,
et ensuite ceux du pelage, leur enlève un peu de vie. Il y a, dans
son Troupeau, un taureau noir irréprochable, bien supérieur comme
modelé et comme couleur à tout ce que l'artiste nous a donné jusqu'Ã
présent. Dans les Foins, les animaux sonf bien dessinés et les
fonds jolis de ton et de mouvement.
M. Dubuisson, qui sait les chevaux, leurs habitudes, leurs pas-
sions, comme dirait l'estétique, a peint avec amour le cheval blanc
de ses Chevaux au vert, dont la tête surtout est étudiée et rendue
avec bonheur. Le cheval noir du premier plan, vu de profil, aune
tache blanche sur le front qui se confond avec le ciel et rompt le
trait de la tête ; c'est une maladresse aisée à faire disparaître. Dans
sa Marche d'Animaux, la tête du taureau est vivante, et les autres
animaux, les chèvres surtout, sont des études faites avec verve et
conscience. Il est à regretter que quelques tons noirs répétés Ã
profusion sur les accidents du terrain, les broussailles, etc. attirent
Irop l'oeil; ce serait, au reste, l'affaire d'un glacis pour rétablir
l'harmonie dans cette bonne page.
Le style de M. Laure, dans son portrait de Lolla Montés, bien
différent de ce que nous l'avons vu quelquefois, est élégant sans
recherche, sans raideur, sans trop d'abandon ; la pose de cette ama-
zone est pleine de grâce et de vérité ; l'expression de la physiono-
mie est bien rendue; les cheveux, d'une couleur vraie, arrangés
sans prétention, chose rare dans un portrait, donnent au teint de
cette femme un éclat dont le pinceau a bien saisi toute la suavité.
La main, d'une nature fine et nerveuse, est rendue avec verve ; la
louche est partout gracieuse et spirituelle; il est à regretter que
quelques négligences se soient glissées dans l'exécution du col et
du haut de la poitrine. L'air théâtral de sa Moissonneuse nous plaît
peu ; on y remarque cependant des passages traités avec talent.
M. Blanchard n'a exposé qu'un portrait d'une belle couleur dans
lequel se fait sentir la crainte d'exprimer trop rudement le mo-
delé; ainsi, au lieu de cet aspect osseux qu'offre la vieillesse, le
front a l'air enflé ; en général, la touche manque de légèreté et
d'accentuation dans l'exécution de la tête et des mains; cette in-
suffisance do travail tient-elle à la paresse, à l'insouciance ou à la