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                               456     ,
Philippe^de Savoie l'accompagna dans son voyage avec une
nombreuse escorte armée pour repousser au besoin les atta-
ques des partisans de Frédéric ; ils arrivèrent à Gênes , non
sans quelque péril, et y séjournèrent jusqu'au 22 j u i n , qu'ils
s'embarquèrent pour Rome.
   Pendant le séjour d'Innocent IV, Lyon avait joui d'une tran-
quillité que cette ville avait connue bien rarement sous le
gouvernement de ses archevêques et du chapitre ; l'adroit
ponlife avait fomenté les idées républicaines à Lyon, comme
il l'avait fait en Lombardie. Les Lyonnais avaient vu leurs
privilèges respectés, et l'autorité de leurs consuls s'exercer
paisiblement, sans être troublée par les officiers de l'Eglise ;
en cela ils étaient plus heureux que les citoyens de beaucoup
de villes du royaume de France , qui réclamaient énergique-
nient, mais en vain , l'organisation communale, pour résister
au pouvoir théocralique ou au despotisme de la noblesse.
L'habile manœuvre d'Innocent IV lui réussit complètement.
La puissance morale qu'il en relira le fit triompher, comme
nous l'avons v u , par l'insurrection, de la ligue l o m b a r d e ,
ligue terrible d'artisans et de bourgeois qui sauvait pour la
seconde fois la France d'une invasion^ comme elle l'avait
 déjà sauvée de celle de l'empereur Frédéric Barberousse ?
 qui pendant vingt ans épuisa contre celle ligue , sans pouvoir
la soumettre, plus d'armées qu'il ne lui en eut fallu pour con-
quérir toute l'Europe; tant il est vrai qu'on ne peut faire de
 grandes choses qu'en s'appuyanl sur les intérêts pacifiques
 des masses, et qu'un gouvernement finit toujours par suc-
comber, lorsqu'il n'a pour lui que l'assistance des cohortes
 armées et celle de quelques milliers d'individus privilégiés
 au préjudice de la majorité d'une nation.
   Nous croyons devoir entrer ici dans quelques détails sur
l'origine de la ligue lombarde. Plusieurs villes d'Italie avaient
déjà depuis long-temps résisté aux armes des empereurs , et
principalement à l'époque de l'alliance de la comtesse Ma-
thilde avec Grégoire VIL Ce ne fut cependant qu'ert 1159