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428 époque , avec l'empereur Frédéric, son beau-frère, quoiqu'il eût déjà soutenu Grégoire IX contre lui, et qu'il dût plus tard fournir des subsides à Innocent IV pour lui faire la guerre. Ce fut alors que le pape songea à venir à Lyon ; il traversa la Savoie au mois de novembre, et arriva peu de temps après dans cette ville, escorté par quelques troupes, sous le com- mandement du prince Thomas, frère d'Ame IV comte de Savoie (1). En choisissant Lyon pour résidence, le pontife trouvait à la fois un asile sûr, et exerçait provisoirement une petite vengeance contre son ennemi ; car cette ville, bien que gouvernée par ses archevêques, qui en étaient souverains ab- solus depuis que l'archevêque Burchard, frère de Conrad-le- Pacifique, y avait établi son autorité (2), reconnaissait cepen- dant le droit de suzeraineté des empereurs d'Allemagne, droit qui depuis long-temps n'ajoutait rien à )a puissance de ceux- ci (3) ; mais les archevêques de Lyon l'avaient toujours re- (1) Thomas de Savoie avait épousé en premières noces Jeanne, comtesse de Flandre, fille de Baudouin , empereur de Constantinople ; mais cette princesse étant morte sans enfants, en 1244, Thomas de Savoie, se remaria avec Béalrix de Fiesque, nièce du pape. (2) L'archevêque Burchard et Conrad-le-Pacifique étaient fils de Rodol- phe II, roi de la Bourgogne Transjurane. La ville de Lyon, avant de passer sous l'autorité de Rodolphe II, faisait partie du royaume de Prove nce, dont Louis-1'Aveugle était souverain. Après la mort de Louis-1'Aveugle , Hugues, duc et marquis de Provence , qui gouvernait déjà depuis long-temps au nom du roi de Provence, s'empara de l'autorité royale , au détriment de Charles Constantin, fils de I.ouis-1'Aveugle, qu'il priva de ses droits, et au- quel il ne laissa que la principauté de Vienne. Hugues, étant devenu roi d'Italie, pour ne pas y être inquiété par Rodolphe I I , lui fit cession du royaume de Provence , et par conséquent de Lyon, en l'an 955. La réunion des royaumes de Provence et de la Bourgogne Transjurane constitua le royaume d'Arles ou des Deux-Bourgognes. (5) Le dernier titre relatif à l'autorité des empereurs d'Allemagne sur le Lyonnais, dont nous ayons connaissance, est une charte d'Henri VI, père de Frédéric I I , en faveur d'Agobard , abbé de Charlieu, dans laquelle il rap- pelle les bienfaits do Renaud, comle de Bourgogne, son aïeul, envers celle