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époque , avec l'empereur Frédéric, son beau-frère, quoiqu'il
eût déjà soutenu Grégoire IX contre lui, et qu'il dût plus tard
fournir des subsides à Innocent IV pour lui faire la guerre.
Ce fut alors que le pape songea à venir à Lyon ; il traversa
la Savoie au mois de novembre, et arriva peu de temps après
dans cette ville, escorté par quelques troupes, sous le com-
mandement du prince Thomas, frère d'Ame IV comte de
Savoie (1). En choisissant Lyon pour résidence, le pontife
trouvait à la fois un asile sûr, et exerçait provisoirement une
petite vengeance contre son ennemi ; car cette ville, bien que
gouvernée par ses archevêques, qui en étaient souverains ab-
solus depuis que l'archevêque Burchard, frère de Conrad-le-
Pacifique, y avait établi son autorité (2), reconnaissait cepen-
dant le droit de suzeraineté des empereurs d'Allemagne, droit
 qui depuis long-temps n'ajoutait rien à )a puissance de ceux-
 ci (3) ; mais les archevêques de Lyon l'avaient toujours re-

   (1) Thomas de Savoie avait épousé en premières noces Jeanne, comtesse
de Flandre, fille de Baudouin , empereur de Constantinople ; mais cette
princesse étant morte sans enfants, en 1244, Thomas de Savoie, se remaria
avec Béalrix de Fiesque, nièce du pape.
   (2) L'archevêque Burchard et Conrad-le-Pacifique étaient fils de Rodol-
phe II, roi de la Bourgogne Transjurane. La ville de Lyon, avant de passer
sous l'autorité de Rodolphe II, faisait partie du royaume de Prove nce, dont
Louis-1'Aveugle était souverain. Après la mort de Louis-1'Aveugle , Hugues,
duc et marquis de Provence , qui gouvernait déjà depuis long-temps au
nom du roi de Provence, s'empara de l'autorité royale , au détriment de
Charles Constantin, fils de I.ouis-1'Aveugle, qu'il priva de ses droits, et au-
quel il ne laissa que la principauté de Vienne. Hugues, étant devenu roi
d'Italie, pour ne pas y être inquiété par Rodolphe I I , lui fit cession du
royaume de Provence , et par conséquent de Lyon, en l'an 955. La réunion
des royaumes de Provence et de la Bourgogne Transjurane constitua le
royaume d'Arles ou des Deux-Bourgognes.
  (5) Le dernier titre relatif à l'autorité des empereurs d'Allemagne sur le
Lyonnais, dont nous ayons connaissance, est une charte d'Henri VI, père de
Frédéric I I , en faveur d'Agobard , abbé de Charlieu, dans laquelle il rap-
pelle les bienfaits do Renaud, comle de Bourgogne, son aïeul, envers celle