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422 dans l'avenir; aussi l'empereur s'empressa-t-il de repousser cette calomnie, et comme l'accusation inconséquente du pon- tife , en le déclarant ennemi de toutes les religions, n'avait d'autre but que de le rendre odieux aux princes chrétiens , Frédéric fit publiquement une profession de foi catholi- que. Cependant Grégoire IX, voyant que sa perte était jurée , s'efforça d'entraîner les princes chrétiens dans sa querelle ; il envoya en France le cardinal évêque de Paleslrine, pour y publier l'excommunication contre Frédéric, et offrir le trône d'Allemagne à Robert, comte d'Artois, frère du roi de France. Louis IX, soit qu'il redoutât la puissance de l'empereur, soit qu'il fût animé d'un désir de conciliation, refusa ces offres ; cependant il autorisa les évêques français à assister au con- cile que Grégoire IX convoquait à Rome dans le même temps pour déposer Frédéric; les prélats de la chrétienté s'embar- quèrent à Gênes pour se rendre à Rome ; parmi ceux de France, on remarquait les archevêques de Rouen, de Bor- deaux, d'Auch, de Besançon et d'Arles, ainsi que les évêques de Nîmes et de Carcassonne. Le pape avait mis dans ses intérêts les Génois, ennemis de l'empire, et ceux-ci avaient équipé une flotte de soixante vaisseaux, dont le commandement fut confié à l'amiral Boc- canegra ; cette flotte, destinée à transporter les prélats à Rome , devait au besoin combattre celle de Frédéric, com- posée de quarante vaisseaux pisans et siciliens , commandés par son fils naturel, Hentius , et l'amiral pisan, Buzzacherino de Sismondi. Les deux armées navales se rencontrèrent près de Livourne, le 3 mai 1241 ; on en vint aux mains ; la flotte des Génois fut mise en déroute, après un combat sanglant ; plusieurs de leurs vaisseaux furent pris ou coulés à fond ; il y eut aussi beaucoup de prélats tués, noyés ou faits prison- niers; parmi ces derniers se trouvèrent l'évêque de Pales- trine et Robert de Romagne, tous deux légats du pape. Hen tius et Sismondi conduisirent leurs captifs à Pise ; ils furent