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 enfermés dans la cathédrale de cette villa et enchaînés avec
des chaînes d'argent, en attendant les ordres de l'empereur (1).
Louis IX , roi de France, écrivit à Frédéric pour réclamer
les prélats français ; « Nous avions la certitude, dit-il dans
cette lettre, que si les évoques de France étaient obligés d'o-
béir à leur supérieur, en allant à Rome, ils n'avaient point
le projet d'agir contre votre grandeur impériale, lors même
que le souverain pontife aurait voulu procéder aux choses
qu'il ne devait point faire. Nous avons repoussé ouvertement
l'évêque de Prénesle (Palestrine) et les autres légats de
l'église qui venaient implorer de nous un subside pour faire
la guerre à votre majesté; que votre prudence impériale pèse
dans son jugement ce qu'elfe doit faire ; mais si vous n'allé-
guez que votre puissance et votre volonté, le royaume de
France n'est pas si affaibli qu'il se soumît à être foulé aux
pieds par vous. » Louis IX était loin de désirer la guerre
avec l'empereur ; il avait assez à faire dans son royaume pour
contenir les grands vassaux de la couronne, et aurait pro-
bablement succombé dans une lutte contre le puissant em-
pereur d'Allemagne; cependant la fermeté qu'il montra dans
cette circonstance eut un heureux succès ; les prélats français
furent mis en liberté , il est vrai que ce ne fut qu'après la
mort de Grégoire IX. Celui-ci., accablé de chagrin en appre-
nant la déroute des Génois, qui ruinait ses dernières espé-
rances, mourut quelques mois après à Rome dans le moment
où il était assiégé par les troupes de l'empereur (2). Geof-
froy, évêque de Sabine, fut élu, sous ]e nom de Céleslin IV,


    (1) Frédéric II écrivit à Henri III, roi d'Angleterre., son beau-frére , pour
lui annoncer celte victoire , qui a livré entre ses mains, dit-il, plus de cent
prélats, les plus acharnés à lui nuire.
   Mathieu, Paris, p. 149. — IJistoria Angliœ.
   De Sismondi, t. vu, p. 244.
   Epistola ap. rymer. acta, t, i, p. 395.
   (2) 20 août 1241.