page suivante »
CtjtouûjUje. François-Marie-Charles Fonrier, le chef de l'école phalanstérienne, est mort à Paris, dans sa soixante sixième année , le 10 octobre 1837. Il était né le 7 avril 1772 dans la patrie de ViclorHugo el de Charles Nodier, à Besan- çon , et non à Lyon, comme l'ont dit quelques-uns de ses biographes. Mais il a long-temps séjourné dans cette dernière ville , où il publia, en 1808 , sa Théorie des quatre mouvements. C'était alors un des collaborateurs du Bulletin de Lyon que publiaient MM. Ballanche père el fils. Le génie organisateur de Fourier se révéla dès l'âge de cinq ans. Fils d'un marchand de draps, il fut puni un jour par son père pour avoir dit la vérité sur l'ouverture d'une balle d'étoffes. Ce châtiment lui découvrit la fausseté des relations commerciales, et c'est en cherchant plus tard à inlroduire à sa manière la vérité et la loyauté dans les questions d'échange qu'il trouva Y Association agricole, sa grande loi sériaire et le théorème des attractions pro- portionnelles aux destinées. A dix-neuf ans , tourmenté par le besoin de courir les régions inexplorées de la science, il inventa comme en se jouant le chemin de fer; el cette idée qui devait changer la face matérielle du nouveau monde el les premiers éléments de l'industrie, fut négligée par le jeune économiste. Des ingénieurs auxquels il communiqua ses plans lui dirent que c'était impossible; il céda. En racontant ce fait, il ajoutait : « A dix-neuf ans, il est encore permis de se laisser déconcerter par les impossibilités; mais plus tard, c'est autre chose. » Fourier a passé une bonne partie de sa vie dans les maisons de commerce , tantôt faisant la correspondance ou mesurant du drap , tenant toute la jour- née une aune à la main , ou discutant avec un chaland le prix des étoffes, et pourtant son organisation, ou plutôt sa volonté , était assez forte pour qu'il pût consacrer encore une partie de son temps à la méditation solitaire.