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165 les ordres d'Omar Basha, et vint tomber en lambeaux au milieu delà flotte de lord Exmouth (1). La principale rue d'Alger est celle gui parallèle au rivage unit les deux faubourgs Babezoun et Babelotiè't; des deux côtés sont établies des boutiques de toute espèce, tout à la fois basai" et promenade, elle était à notre arrivée encombrée tout le jour d'une foule de l'aspect le plus ori- ginal; les Koulouglis si remarquables par leur beauté régu- lières, les Bédouins au costume pittoresque, les Turcs à la contenance calme et résolue, les Juives avec leurs mille nattes de cheveux noirs, vêtues comme au temps de Moïse, les Négresses avec leurs cous droits et gros, comme dans la statuaire antique, les Mauresques enveloppées jusqu'au yeux dans leur Haik , circulant en sens divers parmi les officiers de toute arme, les matelots, les curieux, offraient à chaque pas Un tableau d'un attrait indéfinissable. Les au- tres rues étaient loin de montrer un semblable spectacle : étroites et obscures, on y aménagé quelques enfoncements, afin, comme disent les Arabes, que l'homme venant à y ren- contrer le chameau, père du pèlerin (Jîagi Baba) l'un ne fut pas obligé de faire rétrograder l'autre. Quelques rares ouvertures garnies de barreaux de fer servent de fenêtres aux maisons dans les portes basses et étroites, chargées de cadenas, sont toujours placées dans les coins les plus sombres; les toits plats forment des [errasses sur lesquelles il y a souvent un petit cabinet ouvert seulement du coté de la mer. Jamais le soleil ne pénètre dans ces rues dont presque toutes les constructions se joignent par le haut; (1) Ce fait rapporté par tous les historiens du siège d'Aiger , eu 1816 , est positivement nié par les habitants. Plusieurs éi.angers établis alors à Alger» nous ont également assuré que rien do pareil n'avait eu lieu.