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où Ton renfermait la soir après leurs travaux les esclaves
chrétiens. Cet édifice est, dit-on, une chapelle catholique
des premiers temps du christianisme; après la prise d'Alger
on y trouva l3o prisonniers, dont quelques-uns seulement
étaient des soldats de l'armée ; la plupart appartenaient
aux bricks le Sylène et l'Aventure , qui s'étaient échoués
le i 5 mai au cap Beugut. Madame Saint J o h n , femme
du consul Anglais, sollicita et obtint du Dey que l'état-
major des bâtiments naufragés vint habiter sa maison ,
mais les commandants MM. Bruat et Assigny refusèrent
cette faveur, et partagèrent jusqu'à la fin la captivité de
leurs équipages.
   Le Môle avec ses magnifiques casemates , le fort Ba-
bezoun à gauche, le fort des vingt-quatre heures , et
celui des Anglais ( Round Castle ) à droite , la batterie
de Rabal Baker qui protège le port dans toute sa longueur,
et toutes celles qui bordent la côte depuis Sidi-Ferruch jus-
qu'au cap Matifou, sont à la fois d'une force imposante, et
d'une grande élégance ; la Casauba que d'immenses mu-
railles garnies de canons unit au rivage , complète un
système de défense qui aurait rendu impossible toute es-
pèce d'attaque d» côté de la mer 5 le fort l'Empereur
(Sultan Calacï) défendait seul la ville du coté de la terre.
Tous ces travaux étaient exécutés avec un luxe de maté-
riaux et un fini de travail inoui ; la plupart des pièces de
canons qui garnissaient les batteries du Môle, étaient ornées
 de ciselures remarquables ; d'autres se distinguaient par
l'originalité de leurs formes. On a pu voir en France la
formidable pièce qui lançait à la fois trois boulets par trois
embouchures différentes, et la Consulaire, ainsi nommée
parce qu'elle fut dit-on , l'instrument du suplice du Con-
sul anglais Mac Donnell qui fut attaché à sa bouche par