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164 où Ton renfermait la soir après leurs travaux les esclaves chrétiens. Cet édifice est, dit-on, une chapelle catholique des premiers temps du christianisme; après la prise d'Alger on y trouva l3o prisonniers, dont quelques-uns seulement étaient des soldats de l'armée ; la plupart appartenaient aux bricks le Sylène et l'Aventure , qui s'étaient échoués le i 5 mai au cap Beugut. Madame Saint J o h n , femme du consul Anglais, sollicita et obtint du Dey que l'état- major des bâtiments naufragés vint habiter sa maison , mais les commandants MM. Bruat et Assigny refusèrent cette faveur, et partagèrent jusqu'à la fin la captivité de leurs équipages. Le Môle avec ses magnifiques casemates , le fort Ba- bezoun à gauche, le fort des vingt-quatre heures , et celui des Anglais ( Round Castle ) à droite , la batterie de Rabal Baker qui protège le port dans toute sa longueur, et toutes celles qui bordent la côte depuis Sidi-Ferruch jus- qu'au cap Matifou, sont à la fois d'une force imposante, et d'une grande élégance ; la Casauba que d'immenses mu- railles garnies de canons unit au rivage , complète un système de défense qui aurait rendu impossible toute es- pèce d'attaque d» côté de la mer 5 le fort l'Empereur (Sultan Calacï) défendait seul la ville du coté de la terre. Tous ces travaux étaient exécutés avec un luxe de maté- riaux et un fini de travail inoui ; la plupart des pièces de canons qui garnissaient les batteries du Môle, étaient ornées de ciselures remarquables ; d'autres se distinguaient par l'originalité de leurs formes. On a pu voir en France la formidable pièce qui lançait à la fois trois boulets par trois embouchures différentes, et la Consulaire, ainsi nommée parce qu'elle fut dit-on , l'instrument du suplice du Con- sul anglais Mac Donnell qui fut attaché à sa bouche par