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109 Louis Tolozan, prévôt des marchands de Lyon, reçut donc du roi la lettre qui suit : « Cher et bien Amé, ayant résolu de communiquer à une assemblée de personnes de diverses conditions de notre royaume, les vues que nous avons pour le soula- gement de nos peuples, l'ordre de nos finances et la ré- formation de plusieurs abus, notre intention est que vous vous rendiez à Versailles pour le 20, de janvier pro- chain 1787, jour auquel nous avons fixé l'ouverture de ladite assemblée , pour y assister et entendre ce qui sera proposé de notre part, et nous sommes assuré que vous nous y donnerez de nouvelles preuves de votre fidélité et de votre zèle pour notre service. « Donné à Versailles, le 29 décembre 1786. « Louis. » L'ouverture de l'assemblée des notables n'ayant pu avoir lieu pour le jour indiqué, elle fut renvoyée défini- tivement au 22 du mois suivant. Le r o i , entrant dans l'assemblée, alla se placer à son t r ô n e , sur une estrade élevée de deux marches, et couverte d'un tapis de pied de velours tanné avec des fleurs de lys d'or sans nombre; le trône de sa majesté était surmonté d'un dais violet par- semé de fleurs de lys, et le roi avait deux carreaux sous ses pieds. Les princes du sang étaient placés sur des pliants disposés à droite et à gauche du trône. Après s'être assis, avoir ôté et remis son chapeau, le roi dit à l'assemblée : « Messieurs, je vous ai choisis dans les différents or- dres de l'état, et je vous ai rassemblés autour de moi pour vous faire part de mes projets. « C'est ainsi qu'en ont usé plusieurs de mes prédéces-